Cette semaine, on pirate un milliard de comptes Yahoo, on se demande si le CSA peut interdire une vidéo sur Internet et si le nouvel algorithme de YouTube est un mal pour un bien.

Le nouvel algorithme de YouTube pose-t-il problème ?
Le nouvel algorithme de YouTube pose-t-il problème ? © YouTube / Squeezie

Le piratage de Yahoo devient historique

Un milliard de comptes supplémentaires piratés : Yahoo l'a annoncé mercredi, mais l'attaque remonte à 2013. Ce piratage massif s'ajoute aux 500 millions de comptes piratés déjà reconnus par Yahoo en septembre dernier. Soit environ 1,5 milliards de comptes qui se promènent dans la nature. Relativisons tout de même : cela inclut aussi des comptes inutilisés, des doublons, ou des comptes dont le mot de passe a, depuis, été changé.

Comme la fois précédente, on peut toutefois se demander pourquoi Yahoo réagit si tard. Et on peut difficilement mettre de côté le fait que l'entreprise est en train d'être rachetée par le groupe telecom Verizon pour environ 4,6 milliards d'euros... Il y a sans doute eu une volonté de repousser l'annonce de cette mauvaise nouvelle au maximum.

► ALLER PLUS LOIN | Piratage chez Yahoo : pourquoi ne l'apprend-on que maintenant ?

Les "Recettes pompettes" sont-elles de la compétence du CSA ?

En avril, des associations s'étaient déjà indignées du concept, importé du Canada : un ou deux invités, qui doivent préparer une recette de cuisine en buvant régulièrement des shots de vodka... Dans le dernier épisode publié, avec Laurent Laffite et Marina Foïs, ça donne ceci :

Cette semaine, la tension monte d'un cran : c'est le CSA qui émet un avertissement, estimant que le programme fait l'apologie de la consommation d'alcool. Il se base sur le visionnage du tout premier épisode de la série, diffusé en avril dernier (il y en a eu neuf autres depuis, avec 1,4 millions de vues en moyenne). C'est la toute première fois que le CSA teste son influence sur une chaîne YouTube, et cela pose plusieurs questions, encore très ouvertes.

  • La question de la compétence. YouTube est un groupe américain, l'hébergement des vidéos se fait de l'autre côté de l'Atlantique et la diffusion à un niveau mondial. Quelle place pour une instance française dans tout ça ? Difficile à dire.
  • La question de l'efficacité. Quand on voit à quel point le CSA peine à faire appliquer ses recommandations dans des médias qui pourtant reconnaissent son autorité, on se demande quelles sanctions il peut appliquer au web. Sans oublier le fameux effet Streisand : plus on essaie de faire interdire quelque chose sur Internet, plus on donne envie aux gens de le voir.
  • La question de l'opportunité. YouTube, avec tous ses défauts, est tout de même un espace d'expression et de création relativement libre, ou en tout cas indépendant des autorités des États. On peut se demander si une forme de censure, si minime soit-elle, ne risque pas au final de brider les créateurs ou de les pousser à l'auto-censure.

De son côté, Studio Bagel (propriété de Canal+) a réagi en "contestant cette décision", qui selon eux ne s'appliquent pas à leur chaîne (le CSA estime qu'il s'agit d'un SMAD, un service de médias audiovisuels à la demande, une qualification que rejettent les responsables). "Par ailleurs, je rappelle que la démarche des Recettes pompettes est de s'essayer à renouveler le genre de l'émission d'accueil et de développer un talent clé pour nous, Monsieur Poulpe", conclut le communiqué.

La vidéo de la semaine : un algorithme vous manque et tout est désabonné

Une polémique agite le monde des vidéastes sur Internet depuis quelques jours : le changement d'algorithme de YouTube pour la mise en avant des vidéos. En Français, c'est la manière dont le site fait remonter automatiquement les vidéos les plus populaires, en fonction de plusieurs critères (nombre de vues, de "likes", durée moyenne de visionnage...) Ce nouvel algorithme a provoqué quelques bugs, fait perdre des abonnés massivement à certains chaînes (malheureusement, avec des conséquences plus importantes pour les chaînes moins connues)... Pour autant, Squeezie, l'un des youtubeurs plus suivis en France, s'agace de la fronde contre ce nouveau système. Pour lui, il était grand temps de changer un algorithme avec lequel beaucoup de gros comptes trichaient pour obtenir de manière artificielle un maximum de vues. Très subjectif, mais instructif.

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