Les évènements actuels en Ukraine, posent quelques soucis aux géographes de tous pays. Ainsi, Google maps, affiche-t-il plusieurs versions de sa carte régionale concernant la Crimée : si vous vous connectez depuis la Russie, vous verrez une ligne bleue très nette, s’arrêtant au nord de la péninsule : pas de doute, la Crimée fait partie de la Russie:

crimée 1
crimée 1 © google

Si vous vous connectez depuis n’importe où en Ukraine, la ligne est toujours bleue, mais elle est pointillée, et sa couleur se fond presque avec le bleu de la Mer d’Azov:

Crimée 3
Crimée 3 © google

Et puis, si vous vous connectez depuis n’importe où dans le monde, troisième version disponible, un panachage : vous avez droit aux pointillés de la version ukrainienne, mais aussi au bleu soutenu de la version russe:

Crimée 2
Crimée 2 © google

Pittoresque incursion de la géopolitique sur la toile. A moins, comme on peut l’imaginer qu’il ne s’agisse que de ménager les intérêts commerciaux de Google qui fournit naturellement ses services à tout le monde.

APRES LA GEOGRAPHIE, L’HISTOIRE

C’était en 1969, et en mondovision, Neil Armstrong posait le pied sur la Lune.

Pour y arriver, il y avait bien sûr tout le savoir faire de la NASA et de ses informaticiens. Et bien, depuis la semaine dernière, la NASA a mis en ligne un catalogue d’un bon millier de ses codes, dont celui du guidage du fameux Lem, le module lunaire embarqué dans la capsule Apollo, qui a déposé Armstrong et Aldrin sur la Lune.

Le but de cette mise à disposition gratuite, c’est tout simplement de permettre aux internautes d’actualiser, d’optimiser ces logiciels historiques. Pour internautes avertis donc, mais tout de même, savoir comme le révèle le site Big Browser du Monde, que grâce aux codes du télescope Hubble, des biologistes ont pu cartographier les déplacements des ours polaires sur la banquise, ça laisse rêveur.

LE RESTE DE L’ACTUALITE DU WEB

Des nouvelles des démêlés entre le gouvernement turc et les réseaux sociaux. Résumé des épisodes précédents : le 20 mars, Ankara interdisait l’accès à Twitter. Le réseau avait servi de vecteur à la diffusion d’enregistrements téléphoniques révélant un large scandale de corruption dans lequel étaient impliqués de hauts responsables politiques du pays. Tollé dans toute la blogosphère internationale, saisine de la Cour constitutionnelle turque, qui, au début du mois, ordonnait la levée du blocage. Le Premier ministre Erdogan a depuis accusé Twitter et Youtube d’évasion fiscale. D’où blocage de la plate-forme Youtube.

Et l’exigence formulée que les réseaux sociaux ouvrent des bureaux en Turquie.

Pour Twitter, dans l’état actuel des choses, c’est NON. Les responsables du réseau on précisant que

N’importe quelle compagnie émettrait des réserves sur un climat d’investissement dans lequel son service a été interdit

Ce qui semble aller de soi…

Ce qui a agité la toile mondiale, cette semaine c’était « Heartbleed ». Cœur saignant, c’est le petit nom de cette faille informatique découverte par des chercheurs de…Google. Une faille de sécurité, dont les effets ont d’abord été minimisés, mais qui après vérification, a tout de même permis à des pirates (dont on ignore hélas le nombre) de s’approprier des mots de passe ou des codes sur des sites sécurisés par le logiciel OpenSSL. La faille a notamment affecté Yahoo mail, Flickr, Tumblr sites de partages très prisés des internautes. Mais la police canadienne a arrêté un hacker qui avait piraté des centaines de numéros d’assurance sociale sur le site du fisc local. Et on n’est sans doute pas au bout des découvertes dans ce genre.

Selon les experts, la réparation va prendre du temps et certainement ralentir Internet, dont les navigateurs vont devoir absorber des dizaines de milliers de mises à jour.

Et puis, je vais vous parler de La Redoute. Vénérable institution, La Redoute qui va comme son concurrent Les 3 suisses, abandonner son monumental catalogue papier au profit de son seul site. Créée en 1837, le géant français de la vente par correspondance éditait depuis des décennies, imperturbablement un catalogue pour chacune de ses collections. Soit 2 par an, plus de 1200 pages à chaque fois, attendus avec impatience par les clients, redoutés par les facteurs. Oui mais voilà, la VPC est battue à plate couture depuis l’avènement des sites de vente en ligne. Et La Redoute est obligée de s’adapter, de proposer jusqu’à 6 collections par an. Incompatible avec l’édition d’un catalogue papier. Et les nouveaux patrons Nathalie Balla et Eric Courteille veulent vraiment réussir leur révolution numérique. Eric Courteille l’a expliqué à Alexandra Bensaïd dont il était invité mercredi dernier à 7h50.

Objectif du tandem des nouveaux patrons : une livraison le jour de la commande dans les grandes villes, le lendemain ailleurs. Une révolution numérique qui se soldera néanmoins en 4 ans par quelque 1200 suppressions d’emploi.

Et pour finir, un retour à l’histoire, avec un grand H : vous ne l’ignorez pas, nous commémorons cette année les cent ans du début de la grande boucherie qu’a été la première guerre mondiale. Parmi toutes les productions liées à cet anniversaire, j’ai repéré la Machine à remonter le temps proposée par la chaine franco-allemande Arte. Pour l’utiliser, très simple : vous rentrez votre nationalité, votre sexe et votre âge. La machine vous dit qui vous auriez été et vous propose une illustration un témoignage. Pour ma part, j’aurais été un violoniste des tranchées. Et voilà ce que j’aurais raconté.

En écoutant la chanson de Craonne, la machine vous fait aussi partager l’émotion des mutinés du Printemps 1917, les fusillés pour l’exemple. Ou encore celle des femmes qui recevaient à l’arrière les lettres désespérantes de leurs fils de leurs frères ou de leurs maris.

Bref un bel objet numérique à découvrir à l’adresse (un peu compliquée) http://was-waere-wenn.14-tagebuecher.de/imprint.

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