Les ordinateurs sont déjà très présents dans les amphis
Les ordinateurs sont déjà très présents dans les amphis © Radio France

Le Danemark a franchi le pas en 2010 : les lycéens passent leurs épreuves connectés au web. Et pourquoi pas en France ? Net Plus Ultra lance le débat. Au sommaire également : Domino's Pizza cyber-rançonné, et YouTube qui fâche les labels indépendants.

Chaque année, c'est la même histoire au moment du baccalauréat : soupçons de fraude,soupçons de fuite, la faute aux smartphones et au grand méchant web. Et si on autorisait, une bonne fois pour toutes, l'accès à internet pendant les épreuves ? C'est ce qu'a fait le Danemark en 2010, signale le Huffington Post.

D'après le ministère danois de l'Éducation, au-delà des questions de fraudes, il y a un véritable intérêt pédagogique. À condition d'adapter les sujets : désormais, les élèves sont jugés sur leurs capacités à chercher une information et à l'évaluer de manière critique.

Internet au bac ? "Une évolution naturelle"

En France, le Conseil supérieur des programmes considère le numérique comme l'un des langages fondamentaux à acquérir, au même titre que le français ou les mathématiques. Alors, pourquoi bannir l'usage d'internet des salles d'examen ?

Cette contradiction ne tiendra pas longtemps, estime l'historien de l'éducation et blogueur Claude Lelièvre. Selon lui, l'accès au web sera autorisé au bac d'ici à huit ans. "C'est inéluctable, estime-t-il. Et c'est une bonne chose."

J'ai été professeur d'histoire et j'ai été amené, après réflexion, à autoriser tout document dans les épreuves sur table en licence et en maîtrise. Mes sujets étaient transversaux, et non pas de simples restitutions. Le critère était de savoir si, dans un temps limité, les élèves étaient capables d'aller retrouver les bonnes informations, les hiérarchiser, pour résoudre un problème. Et c'est précisément ce qu'on demande dans la vie !

Selon Claude Lelièvre, il vaut mieux demander à l'élève de montrer qu'il a compris, qu'il est inventif et qu'il sait tirer un raisonnement d'une masse d'informations.

Domino's Pizza cyber-rançonné par des hackers

Le 13 juin dernier, le groupe de hackers Rex Mundi postait ce message sur Twitter (le compte a depuis été suspendu) :

Si vous êtes un client français de Domino's Pizza, vous voudrez peut-être savoir que nous avons donné à Domino's la possibilité de ne pas publier vos données personnelles en échange de 30.000 euros.

Domino's Pizza victime d'une tentative de racket de la part de pirates informatiques
Domino's Pizza victime d'une tentative de racket de la part de pirates informatiques © MaxPPP

Ce même jour, en plein démarrage du Mondial, le spécialiste de la livraison de pizzas annonçait par mail à ses clients belges et français qu'il avait subi une attaque informatique et que "certains mots de passe" avaient été récupérés. Mais pas question pour Domino's Pizza de "céder au chantage". Le groupe a porté plainte auprès du procureur de la République.

Ce n'est pas la première fois que des groupes de hackers rançonnent des entreprises. "Mais il est assez rare que ces affaires-là soient publiques", souligne Gérôme Billois, expert au cabinet Solucom (interrogé par Hélène Chevallier, spécialiste des nouvelles technologies à France Inter) :

Les cybercriminels utilisent cette technique pour s'attaquer à des entreprises, en ayant une approche ciblée comme dans le cas de Domino's, mais aussi pour s'attaquer au grand public, en ayant une approche de masse. Ils vont par exemple usurper l'identité de la police, faisant croire que vous avez commis un délit, bloquer votre ordinateur, et vous demander de payer une somme pour le débloquer.

Le racket peut prendre plusieurs formes. Une autre technique consiste pour les pirates à s'introduire dans le système informatique d'une entreprise pour "chiffrer" ses bases de données, qui deviennent alors inexploitables. Ils exigent ensuite de l'argent pour déverrouiller ce cryptage.

YouTube menace de bloquer les labels frondeurs

Cet été, YouTube ne sera plus seulement une plateforme de partage de vidéos. La filiale de Google lance en effet un service payant de musique en streaming, sur le modèle de Spotify ou de Deezer. Mais une polémique vient d'éclater : plusieurs labels indépendants (Domino ou encore XL Recordings) ont refusé de signer, choqués par les conditions tarifaires "très défavorables" proposés par YouTube.

Mais on ne se rebelle pas face à YouTube sans conséquences ! Le site menace de bloquer les vidéos des artistes produits par ces labels frondeurs, selon le Financial Times ! D'ici quelques jours, vous ne pourrez peut-être plus regarder les clips d'Adèle, de Vampire Weekend ou encore des Arctic Monkeys... Alors, en attendant, profitez-en !

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