Vous pensiez que les scandales à répétition, les auditions du patron Mark Zuckerberg dans plusieurs pays, et les appels à quitter le réseau social allaient porter atteinte à Facebook et faire fuir ses utilisateurs ? Perdu, tout semble aller pour le mieux. Essayons de comprendre pourquoi...

Facebook est au coeur de plusieurs polémiques depuis des mois
Facebook est au coeur de plusieurs polémiques depuis des mois © AFP / Joël Saget

Peut-on arrêter la croissance de Facebook ?

Si l'on en croit les derniers chiffres, non. Business Insider a ainsi révélé en début de semaine que malgré le scandale Cambridge Analytica, malgré le mouvement #DeleteFacebook ("effacez Facebook"), le réseau social de Mark Zuckerberg va bien. Très bien. Et même mieux qu'avant, puisqu'aux États-Unis (pourtant le premier pays touché par les révélations sur des fuites de données personnelles), le nombre d'utilisateurs de Facebook sur mobile a augmenté de 7 % en un an, pour atteindre près de 190 millions le mois dernier. Et d'ailleurs, le temps passé sur Facebook a lui aussi augmenté.

Pourquoi le monde ne peut-il plus se passer de Facebook ? C'est notamment lié à deux raisons complémentaires.

D'abord, l'interconnexion. C'est une stratégie qu'applique Facebook depuis longtemps : créer des liens forts avec d'autres services, qui en deviennent dépendants. Typiquement, c'est le cas de Messenger, l'application maison de Facebook pour dialoguer en direct, mais aussi d'un paquet d'autres applications ou sites Internet (Instagram, Snapchat, etc.), qui vous proposent de vous connecter avec votre compte Facebook.

L'autre raison, plus basique, c'est qu'on reste connecté à Facebook parce que nos proches le sont aussi. Pour caricaturer, une grand-mère qui n'a des nouvelles de son petit-fils que via Facebook n'a aucune raison de couper ce lien, et réciproquement. Il y a une vraie dépendance dans certains cas, qui surpasse l'enjeu des données personnelles, ce concept un peu flou pour tout le monde.

D'autant que "supprimer Facebook" est difficile. Comptez une dizaine d'étapes pour trouver la bonne option sur votre profil, plus encore si vous voulez VRAIMENT obtenir l'effacement de toutes vos données... Sans garantie, au final, que ce soit fait.

Cela dit, quitter Facebook n'est pas une solution miracle, c'est même une solution dérisoire par rapport aux enjeux. Plutôt que de couper les ponts avec cette multinationale qui possède autant de données sur nous, il est urgent de s'interroger sur la manière dont elle a obtenu ces données. Et on ne va pas se le cacher, dans 90 % des cas, c'est parce qu'on les lui a offertes. Facebook a notre numéro de téléphone parce qu'on le lui a fourni, il connait nos amis parce qu'on les lui a présentés, il a les photos de nos enfants que nous lui avons données, il connait nos opinions politiques parce que nous les avons nous-mêmes écrites sur ses serveurs.

Quitter Facebook est certes un geste fort symboliquement, mais peut-être moins efficace, au fond, que d'y rester en ayant pleinement conscience qu'il ne faut pas trop le nourrir.

La vidéo de la semaine : Retour vers le (proche) futur

Dans ce petit sketch, un visiteur venu du futur décide de venir nous avertir de tout ce qui va s'y passer. Le problème, c'est qu'il vient d'un futur pas franchement lointain, puisqu'il arrive directement du mois d'août... 2018.

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