En ces temps de menace terroriste, la question de la modération des réseaux sociaux refait surface avec les tweets extrêmes d'un ex-premier ministre de Malaisie.

L'ex-premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad.
L'ex-premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad. © AFP / Anadolu Agency / Syaiful Redzuan

Jeudi, aux alentours de midi, quelques heures seulement après l'attaque de Nice, Mahathir Mohamad a signé, en anglais, un fil d'une quinzaine de messages incendiaires sur son compte, suivi par près d'un million et demi de personnes. Il y parle de races, de religions, de l'assassinat de Samuel Paty mais aussi d'Emmanuel Macron, de loi du Talion et de liberté d'expression.

Mahathir Mohamad est un vieux monsieur de 95 ans, ex-premier ministre du pays, en majorité musulman et dont le gouvernement a été renversé au mois de février. Mais le 14e tweet de cette série dépasse les bornes, comme nous l'expliquons dans cet article

"Au cours de leur histoire, les Français ont tué des millions de gens. Beaucoup étaient des musulmans. Les Musulmans ont le droit d'être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres du passé."

Évidemment, ce message suscite immédiatement l'indignation en France et tout autant de réactions dont la principale, celle de Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique. Il explique rapidement avoir exigé la suspension du compte auprès de la plateforme... "Twitter ne saurait se rendre complice d'un appel au crime", dit-il. Sauf que Twitter n'a, dans un premier temps, ni supprimé le compte, ni supprimé le tweet. 

Plus de trois heures après, le tweet problématique supprimé

Reprenons la chronologie : le message est envoyé à 11h47 jeudi, heure française. Il faut attendre 15 heures pour que, timidement, Twitter empêche a ses utilisateurs de le voir tout en le laissant accessible en un clic. Et, finalement, la fin d’après-midi pour qu'il soit définitivement supprimé. Les autres messages, parfois tout aussi limites, sont encore en ligne et le compte lui n'a subi aucune sanction.

Cette affaire montre que, finalement, malgré l'insistance d'un ministre, malgré les signalements de milliers d'utilisateurs, Twitter se retrouve encore seul et unique arbitre et fait preuve d'un manque total de transparence sur ses règles de modération. En filigrane, il y a aussi l'impuissance des états et la difficulté de réagir - et vite - face à de tels propos.

Un algorithme qui fait du zèle

Tout autre chose : sur les réseaux sociaux, la question des droits d'auteur est une autre question épineuse. Notamment pour la diffusion de musique. En résumé, on ne peut pas diffuser tout et n'importe quoi sans en avoir le droit. Sur la plateforme Twitch, bien connue des amateurs de jeu vidéo, un guitariste a été banni parce qu'il jouait la musique de son propre groupe de métal, comme le rapporte Numerama

Herman Li, du groupe DragonForce est embourbé dans une galère juridique avec sa chaîne suspendue : le principal problème c'est que la plateforme de streaming, contrairement à YouTube par exemple, n'a pas signé d'accords avec les grandes maisons de disques pour couvrir les droits musicaux et préfère anticiper qu'être sanctionnée.  

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