"L'aimer ou le fuir" de Delphine de Malherbe chez Plon

Delphine de Malherbe
Delphine de Malherbe © radio-france

L’amour reste le plus sûr moyen de guérir quelqu’un de ses démons ou, inversement, de le détruire. Quand l’immense écrivain Colette, si moderne et si classique à la fois, s’éprend du fils de son second mari, tout s’écroule. Elle a 47 ans et lui 17. Vivre cet amour ou le fuir ? Elle cherche la réponse dans son passé... A 20 ans, elle avait épousé Willy, un séducteur compulsif qui signait de son nom les livres qu’elle écrivait. Pour pouvoir le quitter, elle devra gagner sa vie en prenant des risques : danser nue, porter le costume et montrer un sein, se muer en chroniqueuse judiciaire ou en critique de théâtre...

Delphine de Malherbe fait entrer comme personne le lecteur dans le coeur et la tête de cette femme fascinante, à l’instant où sa vie bascule.

Le portrait de roman de la semaine : "Revenants" de Patrice Lelorain paru en août 2011 aux Editions de la Table Ronde.

Antoine Lelorain - Revenants
Antoine Lelorain - Revenants © Radio France

Pour écrire ainsi sa vie, de l’enfance à Bois-Colombes dans les années soixante jusqu’en ces temps où les amants précisent, en se déshabillant, « je n’ai pas le sida », il faut disposer d’une langue qui ne trahit pas. D’un style précis mais propice aux éblouissements. Une légèreté à la française. Tel est le cas de Patrice Lelorain qui sait pouvoir compter sur ses mots et ses maux.

Le narrateur vit dans un appartement situé au-dessus des cabinets de dentisterie de ses parents. Les jeudis après-midi, il est bercé par les hurlements des gosses aux prises avec la roulette de sa mère. Mais il sait que ces douleurs-là ne sont pas les plus terribles que cette femme peut infliger.

« Enfant, j’imaginais que je n’étais pas le fils de mes parents, mais un petit débile adopté autour duquel on avait dressé un décor sophistiqué (…) » De décors, justement, il en est ici question, le temps qui passe se chargeant de les repeindre. D’abord enfumés, psychédéliques, avec des femmes libres, des compagnons irresponsables ou trop sérieux, des plans foireux, des rêves et de la nausée. Jusqu’aux trompe-l’œil d’aujourd’hui aux couleurs crépusculaires propres à la saison des deuils.

« De ces années oppressantes, poisseuses » Patrice Lelorain s’échappe par le haut. Il nous entraîne sur sa route. Il n’est pas nécessaire d’être un auteur nord-américain pour ouvrir de grands espaces.

Jean-Guy Soumy (source La Table Ronde)

L'album de la nuit : "Biophilia" de Björk, paru le 10 octobre 2011 chez Barclay.

Biophilia
Biophilia © Universal Music

Titres diffusés : "Crystalline", "Cosmogony", "Virus".

Les coups de coeur de la semaine :

  • "Warlock" de Oakley Hall aux Editions Rivages

  • "Les Tribus du Roi" d'Alain Dubos aux Presses de la Cité

  • "Je me suis raconté des histoires très tôt" de François Rivière aux Editions du Fleuve Noir

  • "Une heure de silence" de Mickaël Koryta chez Seuil

  • "Corruption" de CJ Sansom chez Belfond

  • "Un tout autre homme" de Andrew Klavan chez Calmann-Lévy

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