Pour tous les oubliés de la fracture numérique, la presse quotidienne régionale a démontré plus que jamais l’utilité du papier. Focus sur « La Voix du Nord » depuis le début de ce confinement.

La Voix du Nord : le journal papier comme réseau social
La Voix du Nord : le journal papier comme réseau social © AFP / PHILIPPE HUGUEN / AFP

Tout a commencé avec l’attestation de sortie que d’aucuns ne pouvaient imprimer. Et voici La Montagne, La République du Centre, Corse Matin, L’Eveil de la Haute Loire, Le Populaire et bien d’autres intégrant un formulaire chaque jour à leurs pages. La Voix du Nord en a fait partie. 

Demain, 8 pages pour le 8 mai, cahier spécial « Gardons le lien ». La Voix du Nord publiera les messages personnels des habitants de la région à leurs proches. La rédaction submergée de ces petits mots arrivés tellement plus nombreux qu’il n’y a pas de place pour les imprimer. Le journal régional comme réseau social. Pour tous ceux qui ne postent pas sur Facebook. L’autre jour, Marie-Françoise, abonnée depuis 50 ans, a planté une pancarte « Bon anniversaire » dans un pot de fleur. Elle a prié le journal d’en publier le cliché. Cadeau pour sa petite-fille qui fête ses 20 ans, confinée à Lille. Le bouquet de sa grand-mère dans La Voix du Nord, en voilà un souvenir ! C’est cela aussi, le papier, un objet, une trace, quelque chose à conserver. 

Pour cette raison, La Voix du Nord a transformé son opération #noshérosduquotidien en poster. Le journal rend hommage à tous les agents funéraires, tous les poissonniers, tous les pépiniéristes, toutes les auxiliaires de vie… A chaque fois, la photo pleine page d’un professionnel de la région et un immense « merci » en majuscule. Le journal propose un lien pour qui a les moyens d’imprimer ces portraits en couleur. Ainsi, à Cambrai, Liévin, Béthune, Arras, des fenêtres, des clôtures, des vitrines se sont-elles couvertes de ces pages devenues des affiches.  

Et La Voix du Nord lance une collecte avec Les Petits frères des pauvres pour que des personnes âgées isolées puissent recevoir le quotidien à leur domicile. Parce que la télévision parle peu de la vie près de chez soi. Or, l’association a dû remplacer les visites à domicile par des appels téléphoniques et s’est rendue compte à quel point il était difficile d’engager la conversation avec des personnes coupées de tout. Le journal régional sur le pas de la porte chaque matin, un moyen de les réinsérer dans la vie que les entoure. De l’utilité sociale du papier.  

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