Coup de projecteur sur une initiative unique en France : une plateforme d’écoute baptisée « Mieux traverser le deuil ». L’histoire commence dans les monts de la Drôme quand une femme perd son petit garçon en très bas âge. Elle décide, pour se reconstruire, de partir à la rencontre de personnes ayant aussi vécu le deuil

Coup de projecteur sur la plateforme "Mieux traverser le deuil"
Coup de projecteur sur la plateforme "Mieux traverser le deuil" © Getty / Arne Trautmann / EyeEm

800 personnes formées et encadrées par des psychiatres pour écouter. 

Le silence s’avère, en effet, une prison pour les endeuillés. Et un poison. Besoin de dire le disparu et besoin de dire la douleur pour qu’elle cesse de ronger à l’intérieur. Le pire, pour un endeuillé, c’est l’embarras, la gêne des autres. L’esquive. Rien qu’à m’entendre, d’ailleurs, vous vous dites là, que je pourrais parler d’autre chose…

Et bien, si vous saviez, à quel point les gens qui ont créé ce site sont jeunes, joyeux et généreux. 

L’histoire commence dans les monts de la Drôme lorsqu’une femme perd son petit garçon en très bas âge. Elle décide, pour se reconstruire, de partir à la rencontre de personnes ayant aussi vécu le deuil et ce, au gré d’une vaste randonnée dans sa région. Elle en parle à un ami, Nans Thomassey, réalisateur de « Nus et culottés » sur France 5. Il imagine un film de cette histoire. 

Seulement voilà, la perte d’un enfant, personne n’en veut

Sauf un producteur, de la Drôme lui aussi, Damien Boyer, qui va louer un camping-car et organiser des conférences dans toutes la France. Les salles sont combles ! 

Débats, témoignages d’une puissance incroyable et levée de fond. Le film voit ainsi le jour en juin 2019, il s’appelle "Et je choisis de vivre". Les critiques n’ont qu’un mot à la bouche, « lu-mi-neux ». 50 000 entrées. Pourtant, Damien Boyer a dû appeler lui-même les salles de cinéma une par une, et France 5 a planqué ce documentaire dans le creux de l’après-midi, persuadé que le sujet ferait fuir. 

Mais au contraire, le film crée un tel évènement et un tel afflux de réactions partout où il est vu que l’équipe décide d’inventer ce site : « Mieux traverser le deuil ».  Parce qu’elle découvre que la France compte 600 000 morts par an et que le deuil, tabou social, se révèle source de dépressions et d’arrêts maladie : un sujet de santé publique laissé à l’abandon. 

Cette plateforme est ainsi devenue la référence du ministère de la santé et partenaire des caisses d’allocations familiales. 

Au cœur de l’épidémie, le nombre des appels augmente de 20% chaque semaine. Les endeuillés, privés des rituels traditionnels, se sentent plus abandonnés que jamais. Le site permet désormais de filmer au smartphone des obsèques et de partager ces images, dans un espace protégé, avec l’entourage qui en a été privés.  

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