Il a 33 ans, il est fatigué, c’est un homme sans âge, maigre et taiseux. C’est la première fois qu’il témoigne de ce qu’il a vécu en Algérie pendant les années 90, la décennie noire, ces années de sang où l’Algérie s’est dérobée aux yeux du monde dans une guerre invisible, sans image, sans visage, une guerre qu’on ne sait toujours pas nommer et qui a causé la mort de 150 000 civils. Attentats, embuscades, enlèvements, voitures piégées, sabotage, bombes dans les lieux publics, massacres collectifs, pendant la décennie noire l’Algérie a sombré dans la démence meurtrière, prise en étau entre la violence des terroristes armés et celle de l’état, le peuple algérien devenu à la fois otage, enjeu et moyen de lutte. En Algérie, ils ont été des dizaines de milliers de jeunes hommes comme lui, arrêtés par les services de sécurité algériens, parce qu’ils étaient soupçonnés d’être des terroristes islamistes. Ils ont été torturés, assassinés, alors qu’ils étaient innocents. Redouane lui a survécu. Par chance, par hasard. Lui-même ne l’explique pas. Aujourd’hui il vivote à la Casbah. Vivant mais mort. Redouane est un enfant de Bab el Oued, le quartier populaire d’Alger, il a été élevé par sa grand-mère, c’est un môme un peu paumé, sans repère, il quitte l’école très tôt, traine dans la rue, tient les murs avec ses copains, et puis en Octobre 88, il est témoin des émeutes, c’est d’une incroyable violence, et pour rétablir l’ordre, l’armée algérienne fait des centaines de victimes, Redouane en a trop vu, alors il décide de partir, de quitter l’Algérie parce que qu’il n’y voit pas d’avenir pour lui, il vient en France, travaille sur les marchés, et puis il rentre à Alger en 1991 pour rester au chevet de sa grand-mère malade. En 1991, il retrouve son quartier changé, Bab el Oued résonne des prêches d’Ali Benhadj, le numéro 2 du front islamique du salut. Jusqu’à 21h ce soir, c’est le témoignage de Redouane, accusé pendant la décennie noire d’avoir porté atteinte à la sureté de l’état et d’appartenir à un groupe terroriste, emprisonné, il a été torturé par les services de sécurité algériens, alors qu’il était innocent. C’est un reportage de Joséphine Delteau. SOS disparu(e)s : 3 rue Ghar Djebilet Alger Tel : 021 63 33 80 Mail : sos_disparus@yahoo.fr SOS disparu(e)s à Paris : 01 43 44 87 82 (Nassera Dutour) Un grand merci à Habiba Djahnine pour son aide précieuse. Réalisatrice, son dernier film Lettre à ma soeur" relate l'assassinat de sa soeur Nabila, tombée sous les balles d'un groupe armé. A travers son histoire, retour sur une décennie d’assassinats et de massacres de civils.

programmation musicale

Oulahlou

Ulac Smac Ulac (pas de pardon) ### Land patterns

(Instrus) album: The world on higher downslabel: Plop### Baaziz

Waili waili album: Dorénavant### Lounès Matoub

Ayen Ayen (pourquoi?) album: Lettre ouverte aux...label: Blue Silver### Intik

Des paroles en l'air (tragédie) album: Algeraplabel: Virgin

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