« Bonjour grande soeur,

A Gao , à l'heure actuelle, la situation est de pire en pire. La population est soumise à toute sorte d'exactions, de menaces. Dans les bus, une traverse sépare les hommes des femmes, dans les écoles la mixité est bannie, même les petites filles de 4 ans sont soumises au port de la bourka sinon leurs parents sont fouettés.Les malades sous rétro-viraux meurent à l'hôpital faute d'approvisionnement.

Les jeunes n'écoutent plus de musique , et pendant les cérémonies de mariage au lieu de danser les islamistes obligent les convives à écouter les prêches d'un imam. Tu ne peux plus t'arrêter au bord de la rue pour discuter avec une fille, sinon tu es fouetté, tu ne peux plus fumer dans la rue sinon tu es fouetté. Les filles doivent se couvrir les mains et les poignets et mettre des chaussettes pour cacher leurs chevilles, si leur voile est mal noué, si elles portent un bijou trop voyant, c'est 10 coups de fouet. »

C'est le dernier mail que j'ai reçu de Bouba cette semaine. Bouba c'est notre reporter , petit frère, malien. Ce sont les dernières nouvelles que j'ai eu de Gao au Nord du Mali.

Depuis 8 mois Gao est aux mains de gangsters , de barbares qui ont imposé la loi de la charia. Ce sont d’abord les Touaregs du mouvement national de libération du Nord Mali, le MNLA, qui ont entrés en premier dans Gao, ce n’est qu’après qu’ils se sont faits supplanter par les islamistes. Et depuis 8 mois maintenant, Gao est aux mains du MUJAO une branche dissidente d'Al Quaïda au Maghreb.

Aujourd'hui Gao est devenue une ville morte. Plus aucune administration ne fonctionne, les fonctionnaires, les ingénieurs, les organisations étrangères d'aide au développement sont partis. La police islamique est devenue le premier employeur de la ville. 400 000 personnes ont fui la tyrannie de la charia. Le pasteur Guindo, lui, a dû s'enfuir parce qu’il était menacé de mort.

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