PARLER Parler n’est pas chose facile. La voix se faufile ailleurs dans les poumons en recherche de poussière. Ou bien elle se cache en attente d’une vérité. La vérité des derniers jours n’est pas préhensible. 12 janvier. Après les ITW des premières heures et la peur qui ne se raconte pas, quelle vérité ? La vérité des morts. La voix en cordée qui relie les vivants en parlant des morts. Leurs noms flottent avec tout le reste. Des tonnes de gravats, des médecins, des humanitaires, des journalistes. Des visages et ce qui reste des murs. Je suis plus dans ce que les autres ont perdu que dans ce que j’ai. « Haïti parmi les vivants », Sophie Boutaud de la Combe Parler n'est pas chose facile et Jeanne n'a pas les mots pour dire. Qui les aurait? Elle soupire. Que reste-t-il quand tout tombe? Jeanne est une grand-mère, vieille dame digne qui se tient droite appuyée sur son parapluie. Jeanne est haïtienne, elle vit en France depuis plus de trente ans. L'année dernière, elle est partie pour passer les fêtes chez sa fille, restée en Haïti. C'était une occasion de voir ses petits enfants, Medwin 14 ans, Willem 12 ans et Corinne 8 ans. Jeanne devait rester deux mois en Haïti puis revenir en France. Le 12 janvier 2010, la vie de Jeanne a basculé. Sa fille blessée pendant le tremblement de terre, décède les jours suivants. Jeanne se retrouve seule, sous le choc, sans toit, avec ses trois petits enfants dans le chaos de Port au Prince. Perdue, affolée, Jeanne a décidé de s'enfuir de la ville, elle a fait ce qu'elle a cru le mieux pour mettre les enfants à l'abri, elle a fait ce qu'elle a pu. Au lieu de rentrer en France comme elle l'avait prévu, elle est restée pour s'occuper des enfants, et elle a commencé à se battre pour qu'ils puissent venir vivre avec elle en France. Jeanne n'y est pas arrivée. Elle n'avait jamais les bons papiers, il manquait toujours quelque chose, un tampon, un extrait d'archive, un passeport, une photo. Alors Jeanne est restée en Haïti, elle est restée pendant presque un an pour ne pas laisser ses petits enfants. Elle est restée jusqu'au jour où sa santé a décliné, et où elle a dû rentrer en France en urgence pour se faire soigner, c'était en octobre dernier, elle a dû laisser ses petits enfants seuls en Haïti. Quels mots pour raconter cela? Quels mots pour dénoncer les obstacles insurmontables que rencontrent les Haïtiens de France pour faire venir les leurs? Jeanne est venue témoigner accompagnée de son autre fille, Josie, qui elle est née en France et vit dans la banlieue de Paris.Contacts Haïti : Ligue des droits de l'homme : 01 56 55 51 00 Collectif Haiti : 01 43 48 31 78 / 06 27 19 05 67 Gisti : 01 43 14 60 66

programmation musicale

Max Richter

Instrus album: Infralabel: FatCat Records### Belo

Timoun Yo album: Référencelabel: Aztec/Discograph### Sparklehorse

Sad & beautiful world album: Vivadixiesubmarinetransmissionplotlabel: EMI### Sigur Ros

Untitled 1 album: Untitledlabel: EMI

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