une explosion dans un faubourg d'alep, en syrie, a fait 12 morts
une explosion dans un faubourg d'alep, en syrie, a fait 12 morts © reuters

Un état de barbarie.

Une machine à fabriquer de la violence.

15 mars 2011 - 15 Mars 2013 cela fait deux ans que la révolution syrienne a commencé.

Deux ans: 100 000 morts selon l'ONU, 700 000 réfugiés, deux millions et demi de déplacés. Et on ne sait combien d'exécutions sommaires, d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées, de violences sexuelles, de violations des droits des enfants. Ce crime de masse s'exerce en toute impunité. La communauté internationale est impuissante, incapable de faire cesser le drame. Les Etats-Unis refusent d'armer les rebelles, les Russes et les Chinois usent de leur véto. Et la guerre continue de broyer les vies des civils. Les chiffres eux mêmes ne suffisent pas à donner la mesure de la destruction de la société syrienne.

Un état de barbarie.

Ce soir j'ai voulu donner la parole à des syriens réfugiés à Paris depuis l'automne. J'ai voulu qu'on entende leurs voix. Il y a Djamila, une jeune femme, originaire de Damas, elle était étudiante quand la révolution a commencé. Elle n'avait encore jamais manifesté. Farez lui a la cinquantaine, il vient d'Alep, il est médecin. Opposant de longue date, Farez est un vrai démocrate. Il organisait dans son cabinet médical des réunions politiques clandestines où tout le monde était invité à participer, l'important selon Farez c'est de parler, de s'exprimer, de réfléchir et de faire de la politique ensemble. Parce que les syriens n'ont pas de culture politique, ils n'ont connu que la dictature. Farez, lui, croit en l'éducation politique, même s'il sait qu'il faudra du temps pour que la Syrie devienne un jour une démocratie.

Farez est arrivé à notre rendez-vous avec un papier sur lequel il avait noté les références du livre de Michel Seurat sur la Syrie: son titre: « Un état de barbarie. »

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.