Ce soir, Nous autres met à l'honneur Jacques Roubaud , dont le dernier livre: "Ode à la ligne 29 des autobus parisiens" est paru le 8 novembre 2012 aux éditions Attila et à qui le Centre Georges Pompidou a rendu hommage le 5 décembre dernier.

ode ok
ode ok © Eiditions Attila

Porte de Montempoivre avouez que ça attise la curiosité. Porte de Montempoivre, est-ce que savez où c'est ? A Paris. C'est à Paris, et c'est le terminus de l'autobus numéro 29.

Mont-em-poivre et si tout avait commencé de là. D'un mot mystérieux, d’un lieu, quoi de mieux pour y attirer un poète curieux ? Je ne devrais pas faire de rimes pour parler d'un grand poète, d'un poète en chair en os, virtuose de la langue, de la métrique, je devrais m'abstenir de faire de la rime facile quand je parle de Jacques Roubaud , l’ami de Raymond Queneau. Mais revenons à nos moutons.

Ligne 29 de la gare Saint-Lazare à la porte de Montempoivre. Jacques Roubaud a fait le trajet des dizaines et des dizaines de fois pour en faire une ode: « L'ode à la ligne 29 des autobus parisiens » . C'est un hommage, c'est un long poème, compté, rimé, en alexandrins, chaque strophe correspond à une étape de la ligne. Voilà quelques-unes des contraintes que s'est imposées Jacques Roubaud. Au fait « saviez-vous que la seule rime à courte c'est tourte? »

Joueur, observateur, moqueur, de l'autobus numéro 29 Jacques Roubaud peint des scènes de la vie parisienne, on s'y reconnaît, on s'y voit, on sourit, on regarde Paris, Paris d'aujourd'hui, Paris d'autrefois, aller-retour entre ce qui était et ce qui n'est plus, entre la gare Saint-Lazare et la Porte de Montempoivre, sur le trajet de la ligne 29 des autobus parisiens.

En bonus, le poème Amende honorable , de Jacques Roubaud, qui clôt son "Ode à la ligne 29"

Je dois faire aujourd’hui hamandeu hhonorableDans mon od’ j’écrivi zerreur impardonnable“ Conducteur ” au lieu de machiniste. en un bussC’est ainsi qu’on doit dir’ pa zautrement. en plussOn ne doit pas non plus traiter de “ machinistes ”Ceux qui dans le métro propulsent sur les pistesDes rails les rames fort bondé-es d’usagersExcuses je leur doi zaussi. combien légersFus-je dans mon ardeur à composer le pwèmeDe la ligne vingt-neuf. les mots qu’ainsi l’on sèmeTrop précipitamment sur la page, souventSans pré-méditation parfois même en rêvantOnt le triste penchant d’introduire des bourdesMinuscules des fois mais des fois pas mal lourdesJe me repens, je me repens, je me repensEt bientôt, repenti beaucoup mieux je me sens

Les liens

Jacques Roubaud et autres facéties, au Centre Pompidou

Le site de l'école Estienne

Le blog de Gilles Sivilotto

Le site de Jean-Luc Bertini

Le site de Jacques Rebotier

Le site des éditions Attila

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.