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manif islande © Radio France

Un petit pays avec de grands rêves. L'Islande aurait pu devenir un petit paradis et tout le monde y a cru jusqu'à la crise de 2008.

En 2007 encore on disait de l'économie de l'Islande que c'était la plus compétitive de l'Europe, on disait de l'Islande que c'était le 5ème pays le plus riche du monde, les islandais étaient aussi les champions du bonheur, une étude internationale classait la population de l'île comme la plus heureuse de la planète. C'était une époque euphorique, les articles de luxe inondaient les boutiques, d'énormes 4/4 encombraient les rues de Reykjavik, les jets privés déchiraient le ciel de la capitale, c’était l'époque bénie où l'argent était facile, où les islandais vivaient à crédit, sans limite. C'était comme une revanche, pour ce petit pays, loin de tout, où la vie n'a jamais été facile et où il avait fallu travailler dur pour s'en sortir. L'Islande a cru à son rêve de grandeur, aveuglée par le miracle économique. Personne ne voulait voir que cette prospérité reposait sur la croissance accélérée de 3 banques islandaises qui étaient devenues à la fin des années 90, parmi les plus importantes banques du monde. Personne ne voulait voir que ces banques multipliaient les emprunts à court terme et que leurs dettes représentaient 12 fois le PNB du pays.

Et puis patatras ! En 2008 la crise financière mondiale balaye l'économie de l'Islande. En une journée la couronne perd la moitié de sa valeur, la bourse s'’effondre, les trois plus grandes banques sont placées sous administration judiciaire, le niveau de leur dette était hors de portée de l'Etat. La nation entière frôle la banqueroute. Des milliers de personnes descendent dans la rue, pendant des mois, sur la place du parlement, casseroles, tambours, bidon à la main, les islandais vont crier leur colère, leur humiliation, leur sentiment de trahison et demander la démission du gouvernement. L'Islande est ruinée, le petit Tigre du Nord se retrouve avec un flot de chômeurs, un programme d'austérité, une hausse des impôts, une baisse des salaires, une baisse des dépenses publiques, une coupe dans les dépenses sociales. On connait la chanson. Des milliers d'Islandais se retrouvent sans rien, sans logement, sans argent, sans travail. Des milliers d'islandais ont tout perdu : leurs économies, des années de remboursement de crédit et leur image d'eux mêmes.

Thora Kristin est une des meilleures journalistes indépendantes d’Islande, en 2008, elle couvrait la révolution des casseroles pour l'un des plus grands quotidiens islandais. Et c'est justement là, sur cette place du parlement, qu'elle a décidé de m'emmener pour revenir sur ce que les islandais appellent « l'effondrement ».

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