tahir femmes
tahir femmes © Flickr-cc / Gigi Ibrahim

Joumana Haddad n'a pas la langue dans sa poche. Elle met les pieds dans le plat. Libanaise, athée, divorcée, mère de deux fils de pères différents. Joumana Haddad vit la vie qu'elle s'est choisie. Elle écrit de la poésie, des essais, des romans dans lesquels elle parle de sexualité, de désir, de jouissance et d'érotisme. Adulée, détestée, souvent menacée Joumana Haddad a décidé de prendre le risque de nommer les choses du corps, quelles qu'en soient les conséquences. Dans ses livres elle dénonce la schizophrénie dans lesquelles vivent les arabes aujourd'hui, l'hypocrisie de ces sociétés où la sexualité est taboue alors qu'elles sont obsédées par le sexe. Elle décrit des hommes, des femmes toujours divisés, partagés, entre ce qu'ils sont, ce qu'ils croient et ce qu'on leur dit de croire. Joumana Haddad, elle, vit comme elle pense. Pour réussir à écrire, elle a dû se confronter à sa propre langue, l'arabe, et à ses métaphores doucereuses, elle a dû se battre contre sa peur des mots pour essayer de lever le tabou des corps. Joumana Haddad est une femme arabe libre et elle paye le prix de ses convictions. Refuser les compromis c'est faire scandale. Joumana Haddad fait scandale pour certains et pour d'autres elle donne de l'espoir. Joumana rêve d'une révolution de la femme mais aussi d'une révolution de l'homme, elle rêve d'un rapport radicalement différent entre les deux, et entre chacun d'eux et leur propre corps.

Les liens

Article de Hella Yousfi dans le Monde diplomatique de novembre 2012.

Article dans Libération - La révolution tunisienne à l’épreuve du chiffon vert.

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