Ce samedi, zoom sur la montée de la pauvreté en France et ailleurs, accentuée par la pandémie et particulièrement cruelle pour les jeunes. Et à la veille de l'allocution d'Emmanuel Macron, débat sur la gestion de trois mois de crise par l'exécutif. Jusqu'ici, l'Etat a-t-il été à la hauteur du choc économique ?

Edouard Philippe, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire lors d'une réunion avec les représentants des syndicats et du patronat, au palais de l'Elysée, le 4 juin.
Edouard Philippe, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire lors d'une réunion avec les représentants des syndicats et du patronat, au palais de l'Elysée, le 4 juin. © AFP / Yoan Valat / Pool

Le débat

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Trois mois de crise : l'Etat a-t-il été à la hauteur ?

Par Khoi Nguyen & Valentin Pérez

Le 14 juin au soir, Emmanuel Macron s'exprimera devant les Français, trois mois après l'annonce du confinement et des premières mesures de soutien à l'économie, un mois après le début du déconfinement.

Après trois mois de crise, que retenir ? Des chiffres hors norme bien sûr, avec une récession brutale qui pourrait se situer entre 11,4 et 14,1%, a prévenu cette semaine l'OCDE, tandis que la Banque de France a annoncé qu'elle ne s'attendait pas à un retour à la normale de l'activité économique avant la mi-2022...

Mais quel bilan plus général tirer de cette période ? L'Etat a-t-il été jusque-là à la hauteur du choc Emmanuel Lechypre de BFM-Business et Christian Chavagneux du magazine Alternatives Economiques ouvrent le débat.

L'invité du débat

Le député LREM et rapporteur général du Budget, Laurent Saint-Martin, à l'Assemblée nationale, le 10 juin.
Le député LREM et rapporteur général du Budget, Laurent Saint-Martin, à l'Assemblée nationale, le 10 juin. © AFP / Anne-Christine Poujoulat

Chômage partiel, soutien aux entreprises, plans de relance pour certains secteurs stratégiques... Les mesures annoncées depuis le début de la crise du Covid-19 ont un coût important pour l'économie : l'Etat a débloqué 460 milliards d'euros. Objectifs ? Soutenir les entreprises et garantir le maximum d'emplois, assure le gouvernement.

Le 10 juin, un nouveau projet de loi de finances rectificatif a été présenté au conseil des ministres et défendu à l'Assemblée nationale dans la foulée. Avec quels ajustements ?

Pour en parler, Alexandra Bensaid et ses chroniqueurs reçoivent Laurent Saint-Martin, député LREM du Val-de-Marne et rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale.

Ça se passe là-bas

Un peu partout, l'heure est aux premiers bilans de la gestion de la crise. Avec quelquefois des regards différents : le New York Times a ainsi donné un regard plutôt positif de l'action d'Emmanuel Macron cette semaine, dans un de ses articles.

Et en Europe ? L'Allemagne ferait mieux que la France, entend-on souvent. Mais les Allemands, eux, sont-ils d'accord avec une telle affirmation ? Pensent-ils que leur gouvernement a fait ce qu'il fallait face au choc économique ? On en parle avec Nathalie Versieux, correspondante de France Inter à Berlin.

Le reportage

En septembre prochain, ce sont quelque 700 000 nouveaux jeunes qui vont arriver sur le marché du travail. Mais comment trouver un premier emploi, de premiers contrats, au moment où des emplois sont détruits. L'Insee a ainsi annoncé, le 11 juin, qu'au premier trimestre 2020, 497 400 emplois avaient été supprimés dans le secteur privé.

Les jeunes payent déjà un lourd tribut avec un taux de chômage en augmentation de 29,4% en avril pour les moins de 25 ans... Une situation qui aggrave un phénomène d'inégalités entre générations. Reportage et dossier signé Caroline Pomes.

L'invitée éco

Najat Vallaud-Belkacem, lors d'une intervention publique à Périgueux, en janvier.
Najat Vallaud-Belkacem, lors d'une intervention publique à Périgueux, en janvier. © AFP / Romain Longieras / Hans Lucas

Najat Vallaud-Belkacem dirige depuis le mois d'avril la branche française de l'ONG ONE qui lutte contre l'extrême pauvreté et a plusieurs antennes à travers le monde.

Au moment où le monde entier est touché par la crise sanitaire, la pauvreté est un fléau qui se propage. Mais une réponse commune est-elle vraiment possible ? L'ancienne ministre de l'Education nationale répond aux questions d'Alexandra Bensaid.

Ma vie au boulot

Sandrine Foulon répond chaque samedi aux questions des auditeurs sur le droit du travail et le monde professionnel.

  • Anne : "Mon employeur refuse de prendre en charge les frais d’électricité liés au télétravail. Ai-je un recours ?"
  • Evelyne : "Le supermarché dans lequel j’ai travaillé pendant le confinement nous a proposé des tickets restaurants au lieu de la prime de 1000 euros dont parlait le gouvernement. A-t-il le droit de faire ça ?"
  • Aymeric : "Je travaille dans une entreprise de huit personnes qui veut augmenter le temps de travail sans augmenter les salaires, à travers un accord de performance collective. Cet accord sera-t-il valable en l’absence de délégués syndicaux ?"

Pour poser vos questions à Sandrine Foulon, voici l'adresse : onnarretepasleco@radiofrance.com

Zoom sur... les galeries d'art

La galeriste Nathalie Obadia
La galeriste Nathalie Obadia / Luc Castel / Courtesy Galerie Nathalie Obadia Paris/Bruxelles

Chaque samedi, focus sur un secteur culturel ou de loisirs qui doit se repenser après la pandémie pour aller de l'avant. Cette semaine, les galeries d'art sont à l'honneur. Réouvertes depuis un mois, avec mesures sanitaires adaptées, quelle fréquentation sont-elles parvenues à avoir ? Et avec quelle réussite en terme de ventes d'œuvres ?

Pour en discuter, coup de fil à la galeriste Nathalie Obadia. Installée à la fois à Paris et à Bruxelles, elle est l'une des figures majeures du milieu de la vente et de l'achat d'art, représentant des signatures comme Mickaelene Thomas, Seydou Keïta, Valérie Belin ou encore Laure Prouvost qui a représenté l'an passé la France à la Biennale d'art contemporain de Venise. Elle a aussi signé en 2019 un livre-essai intitulé Géopolitique de l'art contemporain — Une remise en cause de l'hégémonie américaine ? paru au Cavalier Bleu.

Une idée pour repenser le monde

L'essayiste et économiste Alain Minc, dans ses bureaux parisiens, en février 2017.
L'essayiste et économiste Alain Minc, dans ses bureaux parisiens, en février 2017. © AFP / Lionel Bonaventure

Pour tenter de comprendre ce qui nous attend dans le monde d'après-crise, Camille Crosnier s'entretient chaque semaine avec un penseur qui lui confie une idée ce qu'il aimerait réimaginer pour l'avenir.

Ce samedi, Alain Minc se prête au jeu. Un homme qui laisse rarement indifférent et dont les interventions, depuis de longues années, font toujours réagir, en plus d’être respectées par beaucoup d’autres. Il est présenté, c'est selon, comme économiste, essayiste, homme d’affaires, homme d’influence, et il est tout cela mélangé…

Alain Minc vient de faire paraître, aux éditions Grasset, Mes présidents, un regard sur les chefs d'Etat français depuis l'instauration de la Ve République.

Programmation musicale

  • Old man – Black Pumas
  • Rouge à lèvres – Nekfeu feat. BJ The Chicago Kid
  • This life – Vampire Weekend
Les invités
  • Najat Vallaud-BelkacemAncienne ministre de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, directrice France de l'ONG ONE
  • Laurent Saint-MartinDéputé LRM du Val-de-Marne, rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale
  • Nathalie ObadiaGaleriste-Marchand d’art à Paris et à Bruxelles, chargée de cours sur le Marché de l’art contemporain à Sciences-Po Paris
  • Alain Mincconseiller politique, économiste, essayiste et dirigeant d'entreprise français
L'équipe
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