Éric Rohmer, avec lequel il tourna "Le Genou de Claire", disait de Jean-Claude Brialy qu’il était un acteur shakespearien.

Jean-Claude Brialy
Jean-Claude Brialy © Getty / Micheline Pelletier/Sygma

Nous avons raconté comment il débuta et devint surtout l’acteur fétiche de La Nouvelle Vague, avec Le Beau Serge et Les Cousins de Claude Chabrol, ainsi que chez Jacques Rivette dans Paris nous appartient.

Jean Claude Brialy ne laissait jamais tomber, ni les rôles, ni les amis. L’homme était fidèle, l’homme était joueur, il voulait exister dans le cœur de ses copines, Jeanne Moreau ou Marlène Dietrich, comme dans celui de la boulangère à laquelle il souriait comme si elle aussi était une star. Brialy était insatiable, quitte à s’éparpiller, papillonner. Et alors ? La vie n’est pas un manuel d’économie. 

Jean-Claude Brialy a su aussi s'imposer sur la scène des réalisateurs. En effet, c’est dans un esprit nostalgique qu’il décide, en 1970, de réaliser son premier film, Églantine : pour faire revivre son enfance heureuse, cette enfance de vacances, et pour rendre hommage à ses grands-parents. Puis dans L’Oiseau Rare, il dirige à la fois Jacqueline Maillan et Barbara ! Mais il rêve aussi de réaliser un film pour son amie, sa sœur, l’une des femmes qu’il a le plus aimée : Romy Schneider. Il lui écrit Un Amour de Pluie, dont le tournage sera compliqué pour Romy qui vit à ce moment un chagrin d'amour. Mais Jean-Claude Brialy savait écouter. Il savait aussi parler de cette voix chaude légèrement aristocratique et on se demande qui d’autre aurait pu être le narrateur, dans la version française, d’un aussi grand film d’époque que Barry Lyndon de Stanley Kubrick. 

Ainsi, le voilà embarqué sur la planète Réalisation au début des seventies, alors même qu'il a obtenu un premier rôle éclatant dans Le Genou de Claire. Mais, disons-le, Jean-Claude Brialy n'aura plus jamais de vrais grands premiers rôles. Ce qui n’empêche pas ce subtil Poulidor de marquer les esprits dans tous ses seconds rôles, surtout quand il s’agit d’aussi grands films que Le Juge et l’Assassin, où il est second, derrière Philippe Noiret. 

De grands cinéastes l’appellent dans leur univers si différent les uns des autres. Ainsi, Brialy signe avec André Téchiné, celui par lequel il aura enfin droit à la reconnaissance avec un César pour les Innocents, plusieurs années après. Mais pour le moment, nous sommes en 1976, et c’est Barroco, polar expressionniste d’une fulgurante beauté, qui est à l'affiche. 

En 1980, Jean-Claude retrouve Romy à l'écran dans La Banquière de Francis Girod. Ce sera leur dernier film ensemble. 

Il y avait chez Jean-Claude Brialy comme une autorité naturelle, qui pouvait même devenir cassante, effrayante quand il le décidait. Comme dans cet ovni de 1983 que l’on a tous vu à la télé, cette rareté aujourd’hui introuvable, Le Démon dans l’Île de Francis Leroi, en 1983, qui reçut le prix du suspens au festival d’Avoriaz. Heureusement, il y a toujours des cinéastes délicats, comme Claude Miller, pour lui offrir des rôles subtils et humains comme il dit, comme dans L'Effrontée. Bien sur, il peut compter sur Claude Chabrol, qu'il respecte depuis les origines de sa carrière et lui offre des moments de rires inoubliables sur le tournages de L'Inspecteur Lavardin. Et puis Brialy passe à la comédie sur la tolérance avec Levy et Goliath de Gérard Oury. On arrive en 1987 et à ce film magnifique qui lui valut, enfin, un César. Du second rôle, certes, mais un César, c’est un César. Les Innocents d’André Téchiné.

L’un de ces derniers beaux rôles au cinéma fut celui de Coligny en 1993 dans La Reine Margot de Patrice Chéreau. Son dernier rôle, ce fut à la télévision : un très grand rôle. Celui du poète Max Jacob, juif converti, mystique et homosexuel dans Monsieur Max de Gabriel Aghion. Il était déjà malade mais n'en n’avait encore parlé à personne. Même pas à ses amis les plus proches. 

Au paradis des comédiens, il va être débordé, comme d’habitude, avec tous ces artistes qui l’attendent. À créer des festivals, ouvrir un théâtre, monter un restaurant, organiser des dîners. Ses grandes copines, aussi, l’attendent, et il va avoir l’embarras du choix, ce dandy homo qui aimait s’imaginer marié avec des étoiles…

Filmographie sélective : 

La musique

  • Clara Luciani, La Baie, 2018 
  • Canine, Saturday, 2018
  • Serge Gainsbourg et Jean-Claude Brialy, Un Poison Violent, c'est ça l'amour, 1967 
Programmation musicale
  • CLARA LUCIANI
    CLARA LUCIANI

    LA BAIE

    2018

  • CANINE
    CANINE

    Saturday

    2018

  • SERGE GAINSBOURG

    UN POISON VIOLENT, C'EST ÇA L'AMOUR (PAR GAINSBOURG ET JEAN CLAUDE BR

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