"C’est parce qu'il est un homme pressé qu'il donne un tel rythme à ses films, pour lui s'arrêter c'est la mort" (Les étoiles du cinéma - 18 novembre 1995). François Truffaut le surnommait le poète de la dérision, d’autres disaient que c’était un enfant.

Philippe de Brocca avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale sur le tournage de Cartouche
Philippe de Brocca avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale sur le tournage de Cartouche © AFP

Cinéaste de la Nouvelle Vague, isolé de … La Nouvelle Vague parce que la sienne était, en apparence, trop superficielle, il a construit une œuvre pleine de mouvements réels et d’insouciance apparente. Histoire d’un grand gosse qui bougeait tout le temps et riait pour ne pas pleurer… 

Philippe se trouvait moche 

Et tout petit. Le cinéma, il en fit, disait-il, pour séduire les filles. Dès l’enfance, il s’intéresse à l’histoire et à l’art en dessinant sur des cartons des scènes de spectacles historiques, sous les yeux émerveillés de ses parents, eux-mêmes tournés vers l’univers du grand écran.

Bien qu’étant un cancre à l’école, De Broca met tout en œuvre pour obtenir son bac, seul moyen d’intégrer l’ETPC, une école qui forme les opérateurs de prise de vue, dont il sort diplômé en 1953. 

C’est pendant la deuxième Guerre Mondiale que De Broca entreprend un long travail de cinéaste en dévorant des kilomètres de pellicule au service du Cinéma des Armées. Cette expérience le poussera à devenir un profond antimilitariste qui refusera toujours de montrer le drame dans ses films. 

Il intègre par la suite le studio Parnasse, où il y rencontre ses amis des Cahiers du cinéma Jacques Rivette, Claude Chabrol et François Truffaut. Ce dernier le prendra comme assistant sur le film les 400 coups, Chabrol l’épaulera pour la réalisation de deux films. 

Puis, Philippe de Broca prend seul son envol en réalisant ses propres films, considérés aujourd’hui comme des incontournables du grand écran. On pense particulièrement à ses premiers tournages avec Jean-Pierre Cassel dans Les jeux de l’Amour, Le Farceur ou encore L’Amant de 5 jours. Le réalisateur signe avec Belmondo dans L'Homme de Rio et Cartouche, qui modernise considérablement les films de cape et d’épée.

En 1966, De Broca réalise ce qui aujourd’hui est considéré par beaucoup comme son chef d’œuvre, Le roi de cœur, un film vraiment ambitieux et remarquable sur l’absurdité du monde et du jeu de pouvoir.

C'est finalement le 26 novembre 2004 que le réalisateur s'éteint à la suite d'un cancer. De Broca nous fait tout de même un dernier clin d'oeil en inscrivant sur sa tombe les mots "J'ai assez ri".

Les références de l'émission 

Les Jeux de l'Amour, Philippe De Broca, 1960

Le farceur, Philippe De Broca, 1960

Cartouche, Philippe De Broca, 1962

L'Homme de Rio, Philippe De Broca, 1964

Le Roi de Coeur, Philippe De Broca, 1966

Les Tribulations d'un chinois en Chine, Philippe de Broca, 1965

Le Diable par la queue, Philippe De Broca, 1969

Le Magnifique, Philippe De Broca, 1973 

L'incorrigible, Philippe De Broca, 1975 

Tendre Poulet, Philippe de Broca, 1978

Le Cavaleur, Philippe De Broca, 1978

On a volé la cuisse de Jupiter, Philippe De Broca, 1980

L'Africain, Philippe De Broca, 1983

Le Bossu, Philippe De Broca, 1997

Vipère au Poing, Philippe De Broca, 2004 

Les musiques de l'émission : 

Etienne Daho

Izia, La Vague, 2015

Marousse, Emmenez-moi, 2000

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