Il était tendre, rond et acidulé, comme une cerise à l’eau de vie. Il faisait souvent rire, mais l’on sentait qu’il avait le cœur au bord des lèvres : Jacques Villeret jouait les timides, les maladroits, les pitres rêveurs, les extra-terrestres ou les François Pignon avec une poésie particulière.

Jacques Villeret
Jacques Villeret © Getty / Tony Barson Archive/WireImage

Comme beaucoup de grands acteurs avant lui, Jacques Villeret s’essaye en premier lieu au théâtre, qu’il pratique depuis l'enfance. Il intègre le conservatoire de Tours, puis celui de Paris, où il sera l’élève du Grand Louis Seigner. Il aura alors l’occasion de jouer dans les Fourberies de Scapin ou encore Occupe-toi d’Amélie

Un tel mélange de timidité et de précision ne peut échapper au cinéma, qui, heureusement, n’aime pas que les grands blonds musclés. Il est lancé, en 1973 par Yves Boisset, dans R.A.S, où il joue un soldat durant la guerre d'Algérie.

Mais c’est surtout Claude Lelouch qui fera de Villeret une étoile du cinéma en signant avec lui dans 8 films dont Robert et Robert, pour lequel il reçoit son premier César, celui du Meilleur Second Rôle, en 1979. Le cinéma français ne pourra plus, dorénavant, se passer de son regard mélancolique où flotte sans cesse des nuages de poésie.

En 1981, c’est tout de même avec de grosses antennes en lobes rouges et un costume jaune qu’il entre, à jamais, dans le patrimoine français : il est la Denrée, l’extraterrestre dans La Soupe aux choux de Jean Girault, en compagnie des paysans Louis de Funès et Jean Carmet. 

Ce qui n’empêche pas cet éclectique d’attirer … Godard. Le grand Suisse le dirigera deux fois avec admiration, avec Prénom Carmen en 1983, puis Soigne ta droite en 1987. 

Sautet sera également très tenté à l’idée de signer avec l’acteur, touché par son côté lunaire et sa marginalité discrète. Il lui offre un rôle dans Garçon ! en 1983, avec des figures telles qu’Yves Montand et que Nicole Garcia. 

En 1999, il remporte le César du Meilleur Acteur grâce à Francis Veber. Celui-ci choisit pour Le Dîner de Cons Thierry Lhermite dans le rôle cynique de Pierre Brochard et Villeret pour interpréter le touchant Monsieur Pignon. 

Villeret sera appelé par d’autres grands réalisateurs. On pense par exemple à Philippe de Broca dans Vipère au poing, Jean Becker, Jean-Marie Poiré, Patrick Braoudé ou encore Yves Angelo qui lui offrira son dernier rôle dans Les âmes grises.  

Les références de l'émission : 

Les Naufragés de l'île de la Tortue, 1976, Jacques Rozier

Le Passe-montagne, Jean-François Stévenin, 1978

La soupe aux choux, Jean Girault, 1981 

Papy fait de la résistance, Jean-Marie Poiré, 1983

Black Mic Mac, Thomas Gilou, 1986 

L'été en pente douce, Gérard Krawczyk, 1987 

Les enfants du marais, Jean Becker, 1999 

Un crime au paradis, Jean Becker, 2000

Effroyables Jardins, Jean Becker, 2002

Vipère au poing, Philippe de Broca, 2004 

Iznogoud, Patrick Braoudé, 2004

Les âmes grises, Yves Angelo, 2004 

Les musiques de l'émission : 

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