Romy Schneider était de ces beautés qui bouleversent, avec ce regard bleu… non, gris, non, plutôt vert, cela dépendait de la lumière sur les plateaux, de la météo, des tempêtes… ou des larmes. Certaines grandes actrices naissent tragiques, elles ont beau se débattre ou rire à gorge déployée, ou se cacher, c'est ainsi…

Romy Schneider (1938 - 1982) sur le tournage de "La Voleuse" à Berlin en 1966
Romy Schneider (1938 - 1982) sur le tournage de "La Voleuse" à Berlin en 1966 © Getty / Juergen Vollmer/Popperfoto

Dès l’enfance, Romy était destinée à devenir une actrice de renom. Elle naît dans une famille où tous les membres sont comédiens de génération en génération. À l’origine, elle est plutôt tentée de faire une école de mode, mais le producteur Kurt Ulrich a d’autres ambitions pour la jeune fille ; la voilà donc à 15 ans sur les plateaux de tournage de cinéma. 

Elle est ensuite approchée par Ernst Marichka dans les années 1950 pour interpréter le rôle de Sissi. Le premier volet est un triomphe mais Romy refuse de continuer. Elle ira tout de même jusqu’au troisième. L’adolescente est une star mais qui, déjà, se sent enfermée dans un sacré corset. Elle rêve de vivre une vie parisienne, loin des écrans et de la popularité. 

C’est Pierre Gaspard-Huit qui, à la fin des années 1950, lui offre son passeport pour la France en lui proposant le rôle principal dans Christine. C’est la fameuse rencontre Romy-Alain. Les tourtereaux seront l’un des couples les plus emblématiques du cinéma et hériterons du surnom des « Fiancés de l’Europe ». Mais Romy se sent quelque peu enfermée dans une image de poupée innocente et ça, le réalisateur Lucino Visconti l’a bien compris. Il lui offre un rôle pour le moins différent dans la pièce Dommage qu’elle soit une putain, tragédie sombre et violente de John Ford. L’année suivante, elle continue sur cette lancée en apparaissant pour la première fois nue à l’écran dans Boccace 70 de Luchino. Au début des années 1960, c’est Alain Cavalier qui signe avec elle pour Le Combat dans l’île où elle donne la réplique à Jean-Louis Trintignant. 

Mais il n’y a pas que les génies italiens qui devinent en Romy une pépite à exploiter : en 1962, Orson Welles en fait une femme-rêve dans son adaptation de Kafka, Le Procès. C’est à ce moment-là que l’Amérique tombe amoureuse de l’actrice. Elle signe un contrat de sept ans avec la Columbia mais elle ne le terminera pas, trop étriquée dans cet univers du show business et trop inquiète de voir Alain Delon aux côtés d’une certaine Nathalie. Elle tourne tout de même à Hollywood avec l’un des géants de son époque, Otto Preminger dans Le  Cardinal

En 1964, elle revient en France pour un projet fou, L'Enfer de Henri Georges Clouzot. Elle retrouve ensuite son ancien amour, Alain, dans La Piscine. Ils sont sages, mais émus de se revoir. La France ne veut plus lâcher Romy suite aux deux millions d’entrées que la Piscine provoque. Heureusement, Claude Sautet rencontre Romy quelque temps après et est immédiatement séduit par son ardeur.  Entre Claude Sautet et Romy, sur le tournage de leur premier film, Les Choses de la Vie, adapté du magnifique roman de Paul Guimard, les rapports sont euphoriques. Parce que c’était elle, parce que c’était lui. Il a trouvé l’actrice dont il a besoin pour mettre en lumière le tendre machisme de ses héros masculins. C’est le premier film de Romy avec Piccoli, il y en aura six autres. Claude retente l’expérience Romy-Piccoli dans Max et les Ferrailleurs.  

On vous en dit encore plus dans On s'fait des films

Filmographie sélective : 

Les musiques de l'émission : 

Eddy Mitchell et Juliette Armanet, Couleur Menthe à l'Eau, 2018 

Sevdaliza, Soul Syncable, 2018 

Romy Scheinder et Michel Piccoli, La Chanson d'Hélène, 1969 

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