Comme beaucoup de personnalités avant elle, Jeanne est ce que l’on peut appeler une "self-made woman". Partie de rien, elle a réussi à se frayer un chemin dans ce chaos qu’est la vie pour finalement devenir une star mondialement reconnue.

Jeanne Moreau en 1965 pour Vogue
Jeanne Moreau en 1965 pour Vogue © Getty /  Bert Stern/Condé Nast

Sa voix était inimitable, avec comme un petit grain de tabac. Cette voix de vamp lasse qui avait beaucoup lu Duras. Jeanne Moreau était plus que belle. Audacieuse, mystérieuse, irradiante, avec cette bouche si magnifiquement ourlée, mais dont les coins de la lèvre supérieure tombaient juste ce qu’il faut pour donner à sa sensualité un léger goût amer. Tous les grands cinéastes furent fascinés par Jeanne Moreau. Elle a tourné 130 films de toutes les vagues. D’ailleurs, elle le disait elle-même : « Dès qu’il y a une nouvelle vague quelque part, on sonne à ma porte ». Survol de la carrière somptueusement éclectique d’une affranchie. 

Une enfance compliquée, des parents aveugles au succès de leur fille, la jeunesse de Jeanne n'est pas ce qu'on pourrait appeler un long fleuve tranquille. C'est peut être justement grâce à toutes ces péripéties que la jolie blonde a développé ce caractère bien trempé, ce tempérament de feu, comme il a en été attesté par ces proches et ces collègues de plateaux. 

Dans les années 1940, Jeanne fait ses débuts au théâtre, intègre pour quelques années le Conservatoire d'Art Dramatique de Paris. La voilà embarqué pour une vie d'actrice et de star qui ne sera pas de tout repos. 

C'est surtout dans les années 50 que débute sa carrière lorsqu'elle est approchée par Louis malle, avec qui elle vivra un grand amour, pour jouer dans Ascenseur pour l'échafaud en 1957 et Les Amants en 1958. 

Avec le rôle de Catherine dans Jules et Jim de Truffaut, refusant de choisir entre deux hommes, et chantant cette « femme fatale qui m’fut fatale » Jeanne Moreau devient la femme suprême, tous veulent signer avec elle. 

Et puis c’est la rencontre avec un génie, celui dont elle deviendra la muse et qui dira d’elle qu’elle est la plus grande actrice du monde : Orson Welles

Elle obtient son premier césar à l’âge de 63 ans pour La Vieille qui marchait dans la mer où elle débite tranquillement des horreurs écrites par Frédéric Dard. L’icône des années 60, la femme fatale, est devenue une peau de vache, tout aussi iconique. 

Mademoiselle Moreau est morte le 31 juillet de l’année dernière à l’âge de 89 ans, et avec elle, c’est comme si une centaine de femmes étaient parties aussi. 

Les références de l'émission : 

  • Moderato Cantabile, 1960, Peter Brook  
  • Touchez pas au Grisbi, 1954, Jacques Becker 
  • Gas-oil, 1955, Gilles Grangier 
  • Ascenseur pour l'échafaud, 1957, Louis Malle 
  • Jules et Jim, 1961, François Truffaut 
  • Le procès, 1962, Orson Welles 
  • La Baie des Anges, 1962, Jacques Demy 
  • Journal d'une femme de chambre, 1964, Luis Buñuel
  • La mariée était en noir, 1968, François Truffaut 
  • Les Valseuses, 1974, Bernard Blier 
  • Monsieur Klein, 1976, Joseph Losey 
  • Le Miraculé, 1987, Jean-Pierre Mocky 
  • Le temps qui reste, 2005, François Ozon

Les musiques de l'émission : 

  • Dominique A, Enfants de la plage, 2018
  • Anna Calvi, Don't beat the girl out of my boy, 2018 
  • Jeanne Moreau, La vie de Cocagne, 1963 
  • Tete Raides, Jeanne Moreau, Emma, 2010 
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