Comment un enfant adulte peut-il devenir autre chose qu’un adulte enfant ?

Patrick Dewaere dans une scène du feuilleton "Jean de la Tour Miracle"
Patrick Dewaere dans une scène du feuilleton "Jean de la Tour Miracle" © AFP / Daniel Lefevre / Ina

Très vite, Patrick est initié à la scène par sa mère, elle-même actrice. Lorsque toute la famille déménage à Paris, Mado traîne ses gosses partout pour les faire engager sur des films, des téléfilms, des feuilletons télévisés ou au théâtre. C’est comme ça que le petit Patrick Maurin, à quatre ans, se retrouve à donner la réplique à Pierre Fresnay dans Monsieur Fabre, ou est dirigé, à dix ans, dans Les Espions de Henri-Georges Clouzot. Patrick est un enfant acteur, contraint et forcé. 

L'année 1967 marque le commencement de la carrière de Patrick Dewaere qui devient alors le héros d’une série télé proche de Thierry La Fronde : Jean de la Tour Miracle

Trop de cachoteries sur ses origines, trop de disputes violentes à ce sujet. Patrick Maurin change de nom à 19 ans, et choisit de s’appeler Dewaere, du nom de sa grand-mère maternelle ; un patronyme pour essayer d’effacer trop de mensonges. 

Puis arrive 1968, date qui correspond parfaitement à son envie d’émancipation, de rébellion. C'est à cette époque qu'il fréquente le Café de la Gare avec son épouse, Catherine Sigaux, dite Sotha, comédienne et réalisatrice. Il fait également la connaissance de Jean-Paul Rappeneau qui lui offre son premier rôle au cinéma dans Les Mariés de l'an 2 où il donne la réplique à Jean-Paul Belmondo. 

Dans les années 1970, c'est Bertrand Blier qui s'intéresse à lui et lui offre un rôle dans Les Valseuses, un film qui, il le sait, changera sa vie. C'est aussi pendant cette décennie que Patrick devient père d'une petite Angèle. Il signera avec Georges Lautner, Pierre Granier-Deferre, Claude Miller, Yves Boisset, Claude Sautet, Philippe de Broca, les plus grands réalisateurs français. 

En 1975, il obtient la seule récompense de sa carrière, l'Étoile Cristal du Meilleur Acteur. 

Si un jour, les César pouvaient lui rendre hommage une bonne fois, ce serait bien. De là-haut, il rigolera avec son drôle de rire de grelot un peu rouillé par le désespoir : 

Ah ben tiens ! j’ai enfin réussi un examen ! 

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