On s’fait des films dresse le portrait de la Reine du comique, de l'actrice de théâtre (et de cinéma !) Jacqueline Maillan, qui avait fait du rire sa spécialité, envers et contre tout.

L'actrice Jacqueline Maillan dans la pièce "J'ai deux mots à vous dire".
L'actrice Jacqueline Maillan dans la pièce "J'ai deux mots à vous dire". © Getty / JACQUES MORELL/Sygma

Si on vous dit l’équivalent féminin de Louis de Funès ? Vous répondez sûrement Maillan, la pionnière, la mère de toutes les grandes comiques d’aujourd’hui, la star du boulevard. 

On s’fait peu de films finalement avec Jacqueline car ses débuts au cinéma ne sont pas très importants. 

Déjà petite, Jacqueline prenait plaisir à endosser le rôle de bout en train de sa classe, faisant rire ses camarades, comme une bonne cancre qui se respecte. Pour ses études supérieures, elle s'installe à Grenoble et commence une capacité en droit. Très vite, le rire prend le dessus et Jacqueline préfère jouer dans de petits spectacles étudiants. 

Résolue à l'idée que Jacqueline ne sera pas une grande juriste, sa famille s'installe à Paris quelques années plus tard pour la soutenir dans sa carrière de comédienne. 

L'année 1956, Jacqueline lance un projet complètement fou pour son époque, celui de créer un sketch télévisé. Finalement, durant toute sa carrière, elle jouera ces sketchs télévisés en compagnie de ses amis Francis Blanc, Jean Poiret et Sophie Demaret, la seule actrice comique de l'époque.

Dans les années 60, elle devient LA Maillan au théâtre, la référence humoristique. Elle acceptera un rôle dans le film de Jean Giraud Pouic-Pouic, aux côtés du Grand Louis de Funès. Les 20 années qui suivirent furent un réel vide cinématographique pour Jacqueline, et elle cartonne finalement dans Folle Amanda et dans Potiche dans les années 80. 

Et oui, les années 80... Le cinéma se souvient de Jacqueline, il fallait un fou sans doute pour aller la chercher, et c’est Jean-Pierre Mocky, avec qui elle tourne 4 films en 10 ans où elle se lâche, toute extravagance et cuisse légère dehors, avec d’abord Y’a-t-il un français dans la salle en 1982. Elle sera aussi Henriette Brulard dans Une nuit à l’Assemblée Nationale en 1988, puis une pharmacienne dans Ville à vendre en 1992. Mais son rôle plus dingue et décomplexé est bien celui de Jacqueline Garibaldi dans les Saisons du Plaisir. Elle aurait dû rejouer aux côtés de de Funès dans Papy fait de la résistance, mais le destin à déjà emporté ce monument du cinéma, Jacqueline jouera donc aux côtés de Galabru.

À cette époque, Jacqueline Maillan la star du boulevard ne cessait d’hésiter dans ses interviews : avait-elle vraiment envie de passer de la comédie au drame ? Même si elle voulait prouver son talent à contre-emploi, ne plus entendre des rires pour cette femme qui elle ne riait jamais était un pas qu’elle avait peur de franchir. Elle ne tente qu’une seule fois dans Retour au désert, où sa prestation est unanimement saluée. Elle était lyrique, hallucinée, pleine de certitude et un peu inquiétante. 

Finalement, dans Pièce montée de Pierre Palmade on sent bien que le volcan n’est plus éruptif. Elle mourra quelques temps après d'une hémorragie interne, dans son petit appartement du 16e arrondissement.  

Les musiques de l'émission : 

Coco câline, Julien Doré, Columbia.

Tous les goûts sont dans ma nature, Etienne Daho/Jacques Dutronc, Virgin.

Wild grasses, Diagrams, Bookshop Records.

Retrouvez-nous aussi sur Facebook et Twitter (@OdicinoG) !

Programmation musicale
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.