Belle, engagée, amoureuse, écrivaine à ses heures, Simone Signoret ne se raconte plus. Ou si, peut-être, avec les mots de Guillemette Odicino entrecoupés d'archives sonores, pour cette émission "On s'fait des films".

L'actrice Simone Signoret de retour à Paris après avoir remporté l'Oscar de la meilleure actrice dans "Les Chemins de la haute ville" - 11 avril 1960
L'actrice Simone Signoret de retour à Paris après avoir remporté l'Oscar de la meilleure actrice dans "Les Chemins de la haute ville" - 11 avril 1960 © AFP

Ecoutez tous les gens qui ont aimé, qui aiment et aimeront Simone Signoret, en prononçant son nom, ils baissent légèrement la voix avec un ton où se mêlent affection et respect. 

Simone, c'est deux yeux de chat, tapis sous des paupières si joliment lourdes, ce délicieux tic qu’elle avait m’humecter ses lèvres avec sa langue quand elle réfléchissait entre deux phrases, une voix rauque à nul autre pareil avec son très léger cheveu sur la langue. 

En 1941, Simone commence à fréquenter le Café de Flore, où elle y rencontre beaucoup d’artistes. Et c'est ici que née la conscience de gauche de Simone Signoret. C'est également à cette époque qu'elle décide de tout mettre en œuvre pour devenir actrice. 

De 1941 à 1944, elle va se débrouiller pour faire des silhouettes et des figurations, dont les 4 dames du château dans les Visiteurs du soir de Marcel Carné.

Tout s’accélère à partir de ce moment-là. Après une courte aventure avec Marcel Duhamel, elle rencontre le jeune cinéaste Yves Allegre en 1943 avec qui elle se marie en 1948. Sa carrière est lancée cette même année avec le film Macadam, pour lequel elle obtient le prix de la jeune actrice la plus prometteuse. Yves Allegre donne à Simone ses premiers rôles importants, notamment dans Dédée d'Anvers. Mais c’est bien sûr en 1952 avec Casque d’or de Jacques Becker qu’elle s’impose définitivement, cascade de cheveux blond remontés en chignon ou libérés sur l’oreiller, fière et sensuelle puis amoureuse folle de Serge Reggiani.

Simone découvre un nouveau lieu qui changera sa vie en août 1949, la Colombe d’or à Saint-Paul-de-Vence, lieu de villégiature de nombreux artistes et notamment de peintres comme Matisse, Léger, Picasso, Braque, Chagall. 

En 1949 c'est l'année du coup de foudre entre Simone et Yves Montand. Le 19 août, elle entre dans la Colombe d’or avec Jacques Prévert alors que Montand mange tranquillement. En quatre jours, explique t-elle avec nostalgie, il s’était passé une chose fulgurante, indiscrète et irréversible. Simone et Yves se marient à la Colombe d’Or quelques temps plus tard. 

Hollywood frappe à sa porte en 1960 lorsqu'elle reçoit un Oscar dans Les chemins de la haute Ville de Jack Clayton. 

Elle continue à tourner des films américains, et se lance dans Le jour et l’heure de René Clément et surtout _l’Armée des ombre_s en 1969 de Melville.  

On voudrait pouvoir récapituler Simone, mais comment ? Son amour absolu, aveuglé, souvent attristé pour Yves, ses engagements antis et fières comme lorsqu’elle soutenait le syndicat solidarité en Pologne, ses grands rôles où elle fut prostituée au grand cœur ou vieille femme, son refus des artifices et la cécité qui gagne la fin de ses jours peut-être pour ne plus voir ce monde trop laid et pas assez drôle, elle qui avait tant d’humour. 

Filmographie sélective

Extraits audio et archives INA

  • "Radioscopies", par Jacques Chancel sur France Inter, 20/05/1969 et 11/11/1976.

Programmation musicale

  • "Miss miss", de Benjamin Biolay (Barclay).

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  • CAMILLE
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    PISCINE

    Label : BECAUSE MUSIC2017

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