130 films, une voix, une gouaille, un sens comique incroyable, une noirceur folle, et quelque chose d’impénétrable aussi, comme tous les hommes qui ont vu les horreurs de la guerre, mais n’en parlent jamais.

Bernard Blier dans "Buffet froid", réalisé par Bertrand Blier, avec Gérard Depardieu et Jean Carmet
Bernard Blier dans "Buffet froid", réalisé par Bertrand Blier, avec Gérard Depardieu et Jean Carmet © AFP / Antenne 2 / Sara films Antenne 2 / Sara films / Collection ChristopheL

Bernard Blier était immense. Bernard Blier, initiales BB, fait partie de ces comédiens pour lesquels on laisse la télé allumée un dimanche soir ou un mardi, d’ailleurs, jusqu’à la fin du film parce qu’il est impossible de ne pas le savourer jusqu’au bout, même si on le connait par cœur. 

Il avait la collection complète des œuvres de la Pléiade. On a bien dit COMPLÈTE, hein, pas façon puzzle, ni juste pour épater les caves, COMPLÈTE. Bernard Blier a tout joué, le Tonton flingueur, comme le flic mal embouché, l’amoureux un peu rond et transi comme le notable de province, mais il avait aussi tout lu. En dehors de son métier, il avait deux autres religions : les livres et les pipes et il ne fallait pas le lancer car il pouvait passer des heures à vous expliquer comment ça se fume façon cérémonie.  

C’était un humaniste qui jactait l’Audiard comme personne, et dont la vie fut bien plus aventureuse que ne le laissait supposer son physique de père tranquille.

La Famille Blier déménage en France à la fin de la Première Guerre Mondiale, après avoir habité à Buenos Aires, lieu de naissance de Bernard. Petit, il a un intérêt très prononcé pour la lecture et plus particulièrement pour Dumas et Flaubert. Il préfère aller au cinéma sur les Grands Boulevards parisiens plutôt que de s'appliquer à l'école où il est un vrai cancre. Grâce à son amour des textes classiques, à 12 ans, déjà il le sait, il l’a décidé, il sera comédien. 

Au début des années 30, le voilà donc inscrit à ses premiers cours de théâtre. En 1937 Il est admis au conservatoire de théâtre où il rencontre François Périer et Gérard Oury. Un an plus tard, le voilà sur l'affiche aux côtés de Jouvet dans Entrée des artistes de Marc Allégret. Il redonne la réplique à Jouvet dans Hôtel du Nord de Marcel Carné quelques temps plus tard. Carné retentera l'aventure Blier dans Le Jour se lève, avec Jean Gabin. Il retrouvera l'acteur dans d'autres films tels que Les Misérables ou encore Les Grandes Familles

La seconde guerre mondiale éclate et Bernard Blier est envoyé sur la ligne Maginot puis incarcéré dans un camp à Reims. Il parlera peu des détails de cette époque tant les conditions de détention étaient atroces et humiliantes. 

Le retour à la vie civile d'acteur de cinéma n'est pas simple pour Bernard. De 1941 à 1942, il jouera de petits rôles avec le réalisateur Christian Jaque. 

1947 marque l'année du chef d'oeuvre de Blier, son rôle dans Quai des orfèvres de Henri Georges Clouzot, à nouveau aux côtés de Louis Jouvet. 

En 1959, Blier s'aventure en Italie pour jouer dans la Grande Guerre de Monicelli, qui deviendra l'un de ses réalisateurs fétiches. Cette même année, il commence sa collaboration avec Georges Lautner dans Marche ou Crève et Arrêtez les tambours

Dans les années 60, la comédie ultra parodique naît avec Le Monocle Noir, sans lequel il n'y aurai pas eu de Tontons Flingueurs ni de Barbouzes. En 1963, Blier décroche un rôle dans cette petite merveille inoxydable qu'est Cent mille dollars au soleild'Henri Verneuil. Sur le tournage, il retrouve son copain de toujours Lino ventura et rencontre un Belmondo arrivé de la Nouvelle Vague. 

Les années 60 forment un vide dans la carrière de l'acteur qui tourne beaucoup en Italie. Il parvient quand même à jouer avec le Grand Louis de Funès dans Le Grand restaurant

Les références de l'émission : 

Les tontons flingueurs, Georges Lautner, 1963 

Le jour se lève, Marcel Carné, 1939

Quai des orfèvres, Henri-Georges Clouzot, 1947

L'école buissonnière, Jean-Paul Le Chanois

Les grands familles, Denys de La Patellière, 1958

Marie-octobre, Julien Duvivier, 1958

Le Monocle Noir, Georges Lautner, 1961

les Barbouzes, Georges Lautner, 1964 

Le septième juré, Georges Lautner, 1961

Cent mille dollars au soleil, Henri Verneuil, 1964

Laisse aller c'est une valse, Georges Lautner, 1970

Les musiques de l'émission : 

Initials b.b., Serge Gainsbourg, 1968

Wide Awake ! Parquet Courts, 2018

La thune, Angèle, 2018 

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