PANOS H. KOUTRAS, Xénia

C'est un joli garçon qui va de petit boulot en petit boulot à Athènes, au temps de la grande dépression du XXIe siècle. Il rêve de tenter sa chance au télé-crochet national et a honte de son petit frère, un adolescent gay et extraverti qui l'appelle Ody. Si bien qu'il faut un peu de temps pour reconnaître le prénom de ce héros, et la nature de l'histoire dans laquelle il est embarqué.

Ody a beau être d'origine albanaise par sa mère, il s'appelle Odysseas, et Xenia , le film, est une odyssée, un récit itinérant, jalonné de monstres et de séductrices, de peuplades barbares et de coups du sort. Panos Koutras, le réalisateur, est l'auteur de L'Attaque de la moussaka géante (1999), parodie hellène et queer des séries B américaines des années 1950.

Selon une formule fréquente, Panos H. Koutras serait un «Almodóvar grec». L’image a quelque chose de vrai, mais elle est aussi insuffisante. D’abord, ce serait un Almodóvar sans movida : surgi sur la mappemonde du cinéma en 2000 avec le très fou et très folle Attaque de la moussaka géante, Koutras forge depuis une œuvre énergique mais solitaire, qui ne bénéficie pas d’une émulation culturelle particulière, la Grèce de ces dernières années ayant plutôt vu fuir ou disparaître ses forces artistiques les plus vives.

«Xenia aura été mon tournage le plus difficile», confiait le cinéaste à Olivier Séguret, journaliste à Libération, en septembre 2013 à quelques heures de mettre en boîte le dernier plan du film, au soleil couchant, dans le port du Pirée.

«Depuis la Moussaka, j’ai compris que je devrais me battre et j’ai produit moi-même Strella.» Ce dernier film (2009), à ce jour le mieux abouti et le plus troublant de Koutras, mettait en scène un homme sorti de prison au terme d’une longue peine et qui, se payant une putain, découvre que celle-ci est son fils…

Le cinéaste décrit Xenia comme un adieu à sa propre jeunesse : «A l’orée de la cinquantaine, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de faire mon teenage movie !» On y trouvera ce qui est récurrent dans ses films : la quête d’identité et le goût de la fraternité.«L’amour fraternel, j’y crois beaucoup. C’est un amour très important pour moi.» Sa cinéphilie va de Bresson à Sirk, de Minnelli à Fassbinder, en passant par «Les trois R : Nicholas Ray, Jean Renoir, Roberto Rossellini», même s’il déclare avoir grandi «avec la télé et les séries étrangères des années 60-70».

Film grec de Panos Koutras. Avec Kostas Nikouli, Nikos Gelia (2 h 08)

DEMI MONDAINE (LIVE)

Il n’y a pas d’Histoire du rock, il n’y a que des histoires. La plus folle, la plus hasardeuse et la plus sulfureuse qu’on ait entendue ces dernières années est celle de Demi Mondaine . Une histoire de voyages. Ceux qui poussent une nana féline à la dérive et un loubard au sourire carnassier à se retrouver dans Paname. C’est au bord du canal, dans le 19ème que Béatrice et Mystic Gordon se rencontreront, non sans quelques détours préalables.

Retour aux fondamentaux : l' esprit punk, inévitablement et assurément anarchiste, la débrouille, l’entre-aide et le DIY. La chance sourit de nouveau, concerts et apparitions en clubs se multiplient… A Paris, en province ou à l’étranger, croisant la scène d' Alice Cooper ou Black Rebel Motorcycle club, le public grandit en même temps que Demi Mondaine s’affirme.

Et puis il y a l'Iguane. Iggy Pop lui même qui offre un titre inédit à Béatrice, comme on introduit dans une confrérie.

Un « Private Parts » en provenance des années Stooges et maintenant gravé par Tin-Tin le tatoueur à même la chair. Le mot d’ordre ? Ne jamais dormir.

Aether Demi Mondaine
Aether Demi Mondaine © Radio France

Album « Aether » disponible depuis le 14 avril. Label Booster/PIAS

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