Ce soir, dans l'émission, le chanteur Glam Jef Barbara, l'artiste américain Norbert Kox et Martine Lusardy, la commissaire d'exposition "RAW VISION : 25 ans d'art brut" à la Halle St-Pierre...

Jef Barbara : Originaire de Montréal, l'homme au nom féminin a longtemps trainé ses paillettes dans les club souterrains, à la fois « partout et nulle part », tel un papillon de nuit attendant sa métamorphose. L'acte 1, ce sera la publication d'un premier EP en 2009 avec son premier groupe, Jef and the Holograms, suivi d'un EP concept intitulé « Barbara Blanca » où l'androgyne collabore avec le légendaire R. Stevie Moore, répétant une dernière fois la chorégraphie Flashdance de ses clips réalisés avec trois bouts de tissu. On vous conseillera au passage de visionner la vidéo de « Sébastien » - une histoire de mœurs trilatérales - où l'artiste parvient sans efforts à s'insérer entre Mylène Farmer et Superman dans la mythologie des super héros capables de troquer les complets gris du quotidien contre d'étonnants costumes moulants. Sans contrefaçon, Jef est vraiment un drôle de garçon.Acte 2, la contamination. De ce premier album warholien où s'empilent sans vraie logique tristes chansons composées dans une chambre de bonne (Homme universel) et manifestes à rapprocher de Roxy Music (Flight 777), Jef Barbara dit « qu'il possède une esthétique bonbons assortis », car les meilleurs disques sont souvent ceux qui offrent la diversité. Le patchwork sonore, meilleur remède aux lassitudes. « Les prétentions capitalistes de la corpo-pop music des années 80 m'obnubilent » rajoute Jef, avant d'avouer avoir été hautement influencé par l'album « Faith » de George Michael, « un album pop aux accents top 40, comme si chaque titre avait pour but d'être un single radio ». Pas facile de savoir si le canadien a choisi son nom en hommage à la chanteuse de L'aigle noir, toujours est-il que sa « contamination » contient plusieurs virus parfaits pour décorer nos années post-SIDA.Acte 3, l'entrée sur scène. Chez Jef Barbara, le chroniqueur moderne notera tout d'abord le rimmel qui soigneusement cercle le regard tigre, puis il décortiquera un à un tous les bijoux qui composent ce premier album aux allures de trousse à maquillage. D'un coté, les larmes de crocodile et leur synth-pop waterproof, de l'autre Caresses interdites et son vernis à ongles glam, au centre les homosexuels décomplexés par un entêtant refrain. Les mélodies de poche de Barbara, si proches mais inacessibles, comme un art qui confère autant au divin qu'au tabou. Une sorte de plaisir transgenre. Et Lou Reed de vicieusement rajouter, « hey babe, take a walk on the wild side », pour habiller ce petit bijou pop taillé dans les chutes d'un défilé Dior.

Toute l'actualité et les concerts sont sur le site officiel de Jef Barbara.

Jef Barbara
Jef Barbara © Radio France / DR

Martine Lusardy : Depuis quelques années, l’art brut et les arts singuliers sont redevenus visibles du grand public grâce à quelques grandes institutions européennes, dont la Halle Saint-Pierre située au pied de la Butte Montmartre à Paris, laquelle comprend aussi une librairie spécialisée renommée. En prenant la direction en 1994 de la Halle Saint-Pierre, Martine Lusardy en a fait un des lieux le plus reconnus en Europe pour les "arts Outsiders" ; auteure d’ouvrages sur ce sujet, elle est aussi commissaire de plusieurs expositions et consacrée Chevalier des arts et des Lettres en 2009.

Elle nous parle ce soir de l'exposition RAW VISION 25 ans d’Art Brut du 18/09/ 2013 au 22/08/2014à la Halle St-Pierre.

Expo Raw Vision
Expo Raw Vision © Radio France / DR

Norbert H.Cox : Certaines personnes peuvent parfois découvrirent un talent artistique exceptionnel, mettant tout en œuvre pour le montrer au public. Norbert H. Cox fait partie de ces "OVNIS" se démarquant totalement de l'ère actuelle. Ancien alcoolique et toxicomane, il s'est vu révélé en lui une passion pour l'art picturale et plus précisément dans la réalisation de paraboles apocalyptiques. Ce mot paraît anodin mais exprime une nouvelle façon de pensée qui en cette fin du monde proche (le 21 décembre 2012 selon le calendrier Maya) est un sujet des plus tabous de nos jours.Préconisant, le dessin-peinture, Cox mêle à la fois la réalité avec des éléments que l'ont retrouvent tous aujourd'hui et le fantastique. D'une imagination débordante, il parvient à critiquer par le biais de ses œuvres la société actuelle qui croule sous la consommation et les crises économiques à tout va. Riches en contraste de couleurs, ses peintures font leur petit effet et l'on comprend vite les intentions de l'artiste. Entres des représentations satiriques du "Starduck Coffee" ou encore l'actuel Président de l'Iran à cheval sur un missile nucléaire, l'originalité est omniprésente et les scénarios imaginés par Norbert H. Cox sont des plus loufoques. Voir son site...

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