Marie Rémond pour la pièce "Vers Wanda" au théâtre de la Colline

autour de Barbara Loden jusqu'au 26 octobre

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wanda © Radio France / DR

Barbara Loden est née en 1932. Elle a 38 ans lorsqu’elle réalise et interprète Wanda , un unique film-culte inspiré d’un fait divers. Que cherchait la cinéaste, en 1970, en interprétant elle-même la révolte silencieuse de ce personnage apparemment soumis – une femme qui abandonne sa famille pour errer seule dans une région minière de Pennsylvanie, puis s’attache à un voyou minable, et finit par le suivre dans un hold-up qui tourne au drame ? Faut-il y voir un symptôme de la relation de Barbara Loden à son milieu – celui du cinéma –, à son mari Elia Kazan, qui lui refusa le rôle principal de L’Arrangement ? Après avoir inventé André , spectacle sur les doutes d’un tennisman célèbre dont elle jouait le rôle, Marie Rémond a rencontré la figure de Barbara Loden à la lecture du livre de Nathalie Léger Supplément à la vie de Barbara Loden . Avec des matériaux d’archives et les moyens d’enquête propres au théâtre d’aujourd’hui – improvisation, interview, montage, écriture de plateau – Marie Rémond et ses acteurs explorent par le jeu les destins croisés de Barbara et de Wanda, et les miroirs que nous tendent leur quête d’identité.

OY (alias Joy Frempong)

La chanteuse Suisso-Ghanéenne aux multiples talents fait certainement partie d’une espère rare : à la fois à l’aise dans un son excentré, et doté d’un penchant pour l’écriture de mélodies inoubliables et dont on peut difficilement se débarrasser.

Trois ans après son premier album enjoué First Box Then Walk (dont le premier pressage fut rapidement épuisé, et qui l’emmena en tournée), OY est de retour avec une offrande : un nouveau LP intitulé de manière cryptique KOKOKYINAKA. Le résultat fait plier les genres, un ragoût généreusement assaisonné d’electronica aux accents africains, le tout accompagné d’une garniture d’histoires somptueuses et de proverbes colorés. Tout cela est empaqueté dans un disque conceptuel et mélodique conçu comme la bande son d’un road-trip à bord d’un poids lourd.

KOKOKYINAKA est une expérience très immersive et la joyeuse célébration d’une culture, aussi intense qu’une promenade à midi dans un marché africain. La voix de Joyce reste muable tout du long, changeant de palettes de couleurs, de textures, de styles et changeant même d’accents avec une aisance digne d’un caméléon ; un peu comme les histoires qui y sont racontées et qui relient entre eux des dialogues entendus au hasard, des proverbes et des contes populaires, parfois d’une seule traite.

La base de samples très dynamiques inclut un parachute, des bruits de foufou en train d’être pilé, des feux d’artifice et une chaussure. Tout comme les histoires animées, ces samples ont été en grande partie enregistrés lors de voyages au Mali, au Burkina Faso, au Ghana et lors d’un séjour en Afrique du Sud.

L’écriture et la composition du disque à proprement parler ont eu lieu dans des studios à Berlin sous la houlette du batteur talentueux, producteur et co-auteur Lleluja-Ha. Ses percussions structurales et son don pour les arrangements bien étoffés est présent tout du long. KOKOKYINAKA est une oeuvre mature qui exhibe la versatilité de Joy Frempong en tant que compositeur, chanteuse et conteuse, mais c’est avant tout un témoignage de son approche unique de l’electronica : fulgurant, complètement expérimental et pourtant submergé de mélodies attendrissantes.

Le site officiel de Oy

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