• Les chroniques de Daniel Fiévet, Yasmina Benbekaï etAurélie Sfez :

Daniel Fiévet reçoit Christian Berst , pour l'exposition Jean Perdrizet, deus ex machina, du 3 février au 10 mars 2012, à la Galerie Christian Berst (Paris).

Jean Perdrizet deus ex machina
Jean Perdrizet deus ex machina © Radio France / Christian Berst

L’histoire de la science du XXe siècle n’a pas retenu le nom de Jean Perdrizet. Cet adjoint des ponts et chaussées, né en 1907, que les troubles mentaux ont trop vite écarté de toute vie professionnelle, a pourtant fasciné tous les scientifiques rêveurs qui ont croisé sa route. Se disant « inventeur », Perdrizet, sans relâche, a tenté d’éveiller les consciences en outrepassant, comme le font les grands chercheurs, les limites que leurs disciplines leur ont assigné.

Opérant par subtils déplacements de la réalité, transgressant toutes fonctions utilitaires primaires, il vivait dans un univers occupé par sa mère et les machines célibataires qu’il chargeait d’enchanter notre univers. Les plans de ses inventions, qu’il adressait aux plus hautes instances scientifiques comme la NASA, le CNRS ou le comité Nobel, sont autant d’invitations à reconsidérer les limites de la physique, en nous donnant les codes d’un ailleurs. Des “robots adam sélénites” comme ambassadeurs cosmiques de l’humanité, des “machi­nes pour communiquer avec les fantômes”, “l’esperanto sidéral” pour faciliter nos échanges avec les extraterrestres, tout ce merveilleux avec lequel Perdizet proclamait l’abolition de la mort, avant de disparaître, trois jours après sa mère, en 1975.

Yasmina Benbekaï reçoit Sidney, l'animateur de l'émission H.I.P. H.O.P , diffusée en 1984. Ils aborderont ensemble le contexte de création de cette émission mythique.

H.I.P. H.O.P. était une émission de télévision française conçue et animée par Sidney, qui a diffusé la culture Hip-hop en France et l'a rendue populaire.

Aurélie Sfez s'intéresse au bruit dans l'art. Elle nous parlera également du livre Musiques expérimentales, une anthologie transversale d'enregistrements emblématiques de Philippe Robert et du manifeste L'art des bruits de Luigi Russolo.

L'art des bruits
L'art des bruits © Radio France / Luigi Russolo

L'Art des bruits (L'arte dei Rumori ) est un manifeste futuriste écrit en 1913 par Luigi Russolo dans une lettre à son ami le compositeur futuriste Francesco Balilla Pratella. Pierre fondatrice du bruitisme, il est considéré comme l'un des textes les plus importants et les plus influents de l'esthétique musicale du XXe siècle ; comme l'affirme Philippe Robert à son propos : « Un grand fracas de tôle emboutie : voilà ce à quoi les bases du renouveau musical du XXe siècle ont en partie ressemblé ».

Russolo y soutient l'idée que l'oreille humaine s'est familiarisée avec la vitesse, l'énergie et le bruit de l'environnement sonore urbain et industriel, et que cette nouvelle palette sonore nécessite une approche renouvelée des instruments et de la composition musicale. Il expose un certain nombre de conclusions dans lesquelles il décrit la manière dont l'électronique et d'autres technologies permettront aux musiciens futuristes de « substituer le nombre limité de sons que possède l'orchestre aujourd'hui par l'infinie variété de sons contenue dans les bruits, reproduits à l'aide de mécanismes appropriés ».

Musiques expérimentales
Musiques expérimentales © Radio France / Philippe Robert

L'anthologie de Philippe Robert démarre en 1913 avec Luigi Russolo et les futuristes italiens, qui remettaient en question la gamme tempérée occidentale de douze tons. S'écartant du système classique occidental les aventuriers du sonore retrouvaient en fait quelques universaux, les fondements même de la musique, notamment les mathématiques. Il est bon ici de rappeler que selon le quadrivium antique, la musique était l'une des quatre sciences mathématiques avec l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie. Au travers de cette anthologie Philippe Robert explicite avec justesse la démarche de chaque expérimentateur, plus d'une centaine au total. Outre les personnages cités plus haut, on y croise plusieurs poètes sonores, dont Isidore Isou et Henri Chopin. Yoko Ono & John Lennon n'ont toujours aucune pudeur entre Conlon Nancarrow et Sonny Sharrock. Pierre Bastien côtoie Jean Tinguely. Eric Aldéa, DJ Spooky et Alan Licht sont voisins de palier. D'autres inclassables se baladent, Damo Suzuki, Taku Sugimoto, Kaffe Matthews... John Zorn ferme la marche avec ses Six Litanies for Heliogabalus parues en 2007.

  • Les invités de Tania de Montaigne :

Tania de Montaigne reçoit le groupe de musique Broadway , pour son nouvel album Solo System Revolution , sorti en février 2012 (6am Records).Le groupe jouera, en live, pour les auditeurs de France Inter : The lighthouse wish et Transistor .

Solo System Revolution
Solo System Revolution © Radio France / B R OAD WAY

Cet album aux sonorités pop et moderne, sera suivi d’une tournée pleine de surprises, à commencer par le changement radical de la formule live (nouveau line-up), B R OAD WAY ayant décidé de prendre à contre-pied le mouvement pop radio-formaté et autotuné, en revenant à la base de ce style : des amplis vintage, une basse chaleureuse, un Rhodes d’une autre époque, une batterie simple mais tranchante, et surtout un chanteur habité, prêt à nous ouvrir les portes de nouveaux horizons.

Le groupe sera en concert :

  • Les Abattoirs à Bourgoin-Jallieu, le 1er mars à 20h30

  • Le Brise Glace à Annecy, le 9 mars à 20h30

  • L’estrade à Saint-Etienne, le 13 mars à 20h30

  • Le fil à Saint-Etienne, le 7 avril à 20h30

  • La Boule Noire à Paris, le 10 avril à 20h

  • L'invitée d'Alexandre Héraud :

Alexandre Héraud reçoit Laura Alcoba, pour son nouveau livre Les passagers de l'Anna C , paru en janvier 2012 (Gallimard).

Les passagers de l'Anna C
Les passagers de l'Anna C © Radio France / Laura Alcoba

Les Passagers de l’Anna C. relate l’incroyable voyage effectué par une poignée de jeunes révolutionnaires argentins au milieu des années 1960. A peine sortis de l’adolescence, ils quittent clandestinement l’Argentine pour s’embarquer dans un périple qui doit leur permettre de rejoindre le Che Guevara. Ils sont prêts à donner leur vie pour qu’advienne la Révolution. Les jeunes gens sillonnent l’Europe avant de rejoindre Cuba. Leur foi révolutionnaire vacillera par moments, tout au long de ces mois d’apprentissage et de questionnements dans un camp d’entraînement cubain. Mais de vraies amitiés naissent, ils font des rencontres inoubliables. La nouvelle de la mort du Che les plonge dans une tristesse sans fond. Ils repartiront de Cuba avec l’espoir de répandre la révolution en Amérique du Sud, et avec un bébé, Laura. Dans le bateau qui les ramène chez eux, l’Anna C., un vieux barman leur apprend que le Che, quand il était étudiant en médecine, a travaillé à bord comme infirmier. Puisant à des sources à la fois familiales et historiques, Laura Alcoba a composé ce roman à partir des souvenirs, parfois lacunaires et contradictoires, des rares survivants de ce voyage, dont ses parents faisaient partie. Elle parvient à reproduire l’atmosphère de Cuba, les discours de Fidel et les conditions de vie parfois misérables des paysans, les contradictions entre l’idéal communiste et les préjugés sexistes (ou la foi catholique), la difficulté pour ces très jeunes gens de se conformer à la discipline militaire. Son récit, abordé par le biais de la vie quotidienne, ne se laisse jamais aller à la nostalgie et restitue avec justesse la jeunesse, les convictions puissantes qui animaient ses parents et leurs camarades.

Les liens

Myspace de Broadway

Site Internet de la Galerie Christian Berst

Site Internet de l'INA, pour le propos de Julio Cortazar

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