Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek reçvoient l'historienne Mathilde Larrère, spécialiste des mouvements révolutionnaires et du maintien de l’ordre en France au XIXe siècle, pour la sortie de son livre "Rage Against the Machisme" le 27 août dernier aux Editions du Détour.

L'historienne Mathilde Larrère, spécialiste des mouvements révolutionnaires, octobre 2020
L'historienne Mathilde Larrère, spécialiste des mouvements révolutionnaires, octobre 2020 © Radio France / France Inter

Mathilde Larrère est la fille de Raphaël Larrère, ingénieur agronome, et de Catherine Larrère, philosophe.

Mathilde Larrère est ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et major de l'agrégation d'histoire (1994). Elle est également doctoresse en histoire avec sa thèse « La garde nationale de Paris sous la monarchie de Juillet, le pouvoir au bout du fusil ? », thèse soutenue sous la direction d'Alain Corbin. 

De 2002 à 2007, elle est maîtresse de conférences à l'université Paris-XIII et depuis 2007 à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Elle est également vacataire à l'Institut d'études politiques de Paris. 

Ses recherches portent notamment sur l’histoire de la citoyenneté, l’histoire des rapports des citoyens à l’État, l’histoire du maintien de l’ordre, et plus particulièrement sur l’histoire de la révolution de 1830.  Son travail l'amène à réfléchir sur l’ordre public et les politiques de son maintien. 

En 2017 et 2018, elle est chroniqueuse sur les sites d'Arrêt sur images et Mediapart avec Laurence De Cock pour leur chronique intitulée « Les détricoteuses ». Mathilde Larrère est également membre du Comité d'histoire de la ville de Paris.                        

Mathilde Larrère revendique une approche politisée de l'Histoire et rejette le concept de neutralité de l'Histoire. 

Sur Twitter, elle partage ses connaissances par le biais de "thread" où elle donne des "mini-cours" sur des sujets qu'elle connaît bien, par exemple sur le Coup d'état militaire au Chili du 11 septembre 1973 ou encore sur les femmes le 5 et 6 octobre 1989.

Elle vient aujourd'hui pour parler de son dernier livre "Rage Against the Machisme" paru le 27 août dernier aux Editions du Détour. Dans cet ouvrage, l'historienne spécialiste des révolutions revient sur plus de deux siècles de luttes féministes. 

C'est un excellent essai de vulgarisation dont l’approche est engagée et surtout inclusive. L’autrice réfléchit aussi aux femmes qui ont été oubliées dans les récits des combats qu’elle nous conte. Chaque page dévoile une histoire qui donne envie de nous engager. Elle montre ainsi que la lutte pour les droits des femmes est loin d'être terminée... 

Mathilde Larrère ne croit pas à la théorie des trois grandes vagues de luttes féministes. Selon elle, ce schéma amène à invisibiliser de nombreuses luttes féministes, et notamment celles de femmes avant les suffragettes : 

Toutes ces féministes qui ce sont battues jusqu'au suffragettes ce sont des ouvrières. On les oublie.

Dans son livre, elle revient également sur le débat de l'écriture inclusive, qu'elle utilise : 

L'écriture inclusive cristallise les oppositions. Mais en réalité, même des textes de la Révolution Française la réclame (la féminisation de la grammaire).

Au sommaire de cette émission

La précarité étudiante et les facs vidées par le Covid-19 : La rentrée universitaire 2020, c’est une moitié d’amphi, une moitié de bibliothèque, une moitié de resto U accessible mais une précarité totale… En zone d’alerte maximale, pour l'étudiant, l’université c’est un jour sur deux...

L'intersectionnalité, une nouvelle révolution ? Ce concept est de plus en plus présent dans le débat public... On parle notamment de "féminisme intersectionnel", c'est-à-dire d'un courant féministe qui prendrait en compte l'intersection qui existe entre les multiples formes de domination et/ou de discrimination que subissent les femmes : race, genre, mais aussi âge, classe socio-économique ou encore handicap. L'idée serait de pointer du doigt la simultanéité de ces formes de domination et ainsi prendre en compte les différences entre les femmes tout en déconstruisant ces mêmes catégories.

Graffitis politiques : simple dégradation ou cri du peuple ? Les graffitis politiques se renouvellent avec notamment les différents collectifs de colleuses dénonçant les féminicides, et collant des feuilles A4 côte à côte au lieu de taguer leurs slogans… Certains voient dans ces graffitis une forme de poésie politique, à commencer par Mathilde Larrère...

Retrouvez l'équipe de Par Jupiter ! avec

La chronique de Constance : La journée mondiale de la paralysie cérébrale

La chronique de Mélanie Bauer : Féminisme, sexisme et musique

Le moment Meurice : Le péril féministe

Les invités
  • Mathilde LarrèreMaître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Programmation musicale
L'équipe
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