Charline Vanhoenacker et Juliette Arnaud reçoivent Régis Jauffret, écrivain pour la parution de "Papa" aux éditions du Seuil. Maître des sujets sombres et inquiétants qu'il expose dans ses microfictions, il a reçu de nombreux prix (Fémina en 2005, France-Culture/Télérama en 2007 et Goncourt de la nouvelle en 2018).

Régis Jauffret vient de sortir son dernier livre "Papa" chez Seuil
Régis Jauffret vient de sortir son dernier livre "Papa" chez Seuil © AFP / LE PARISIEN

Régis Jauffret est né et a grandi à Marseille

dans le quartier construit par son arrière-grand-père, architecte maçon. Il évolue dans un milieu bourgeois, au sein d'une famille où le père est cadre dans l'industrie et la mère secrétaire de direction.

Celui qui ne lisait pas lorsqu'il était enfant poursuit ses études avec une maîtrise de philosophie et écrit un premier roman à 17 ans qu'il avoue avoir détruit.

La littérature peut être une possibilité, non de régler ses comptes, mais de sauver les gens.

Son parcours d'écrivain est long : d'une certaine manière, il remarque que l'aboutissement de la publication de ses premiers textes a mis un certain temps. D'autant plus que son écriture et ses récits sont influencés par la société et le réel.

Je n’avais aucune intention d’écrire sur mon père et à la découverte de cette photo [celle où il est encadré par deux gestapistes], je me suis demandé qui il était.

Dans La Ballade de Rikers Island en 2014, il enquête sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn en voyageant à New York et en Afrique, en examinant les dossiers, en retravaillant les témoignages de Nafissatou Diallo. Deux ans auparavant, il écrit Claustria qui reprend l'affaire Fritzl où un père séquestra et viola sa fille pendant 24 ans en lui faisant 7 enfants. En 2010, Sévère revient sur la mort du riche banquier Edouard Stern, retrouvé avec 4 balles dans le corps et assassiné par sa maîtresse au cours d'un acte sexuel SM.

Visé par de nombreuses procédures judiciaires en raison de ses textes,

il critique de manière virulent la loi française qu'il juge haineuse contre les romanciers en leur refusant l'accès à l'information telle que les journalistes peuvent s'en nourrir.

Ce n’est pas une autofiction car l’autofiction, c’est raconter quelque chose qu’on connaît.

En termes de caractère, il se définit comme "contrasté", ni sombre ni pessimiste, mais a absorbé l'humeur de son époque. L'écriture lui apporte une forme de bonheur dans laquelle il ne se censure pas et dans laquelle ses personnages revendiquent une certaine intranquillité.

Il y a deux sortes de personnes : ceux aimés continuellement par leurs parents et les autres...

Il s'amuse des réseaux sociaux qui offrent une sorte de plaisir narcissique, tout en marquant toutes les strates de la société.

Sommaire

Que celui qui a tout compris à la réforme des retraites lève la main ! Même les économistes qui ont travaillé sur le programme d’Emmanuel Macron ne pigent pas sa méthode. Le gouvernement comprend-t-il lui-même ce qu’il tente de nous expliquer ?

« C’était une autre époque », arrête-t-on nous sur cette phrase. Car c’est souvent là où s’arrête l’argumentaire des défenseurs des Matzneff, Claude François, Polanski… C’était une autre époque…

La représentation de la maladie mentale dans la fiction, films ou séries, connait ces dernières années une révolution. Désormais certaines séries traitent de ce sujet avec réalisme, avec des personnages certes malades mais avec des vies presque banales. Avant les fous dans la fiction c’était plus comme ça :

Retrouvez toute l'équipe de "Par Jupiter !" avec :

La chronique de Thomas Croisière : La nostalgie de l’instant présent

Le moment Meurice : Les Français prêts pour la guerre mondiale

La chronique littéraire de Clara Dupont-Monod : Régis Jauffret, Papa, éditions du Seuil

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