Charline Vanhoenacker et Juliette Arnaud reçoivent l’auteure et avocate Constance Debré pour la parution en cette rentrée littéraire de son dernier livre « Love Me Tender » aux éditions Flammarion où elle évoque son homosexualité, sa famille et son histoire, après « Play Bloy » en 2018, premier récit autobiographique.

Constance Debré en décembre 2017
Constance Debré en décembre 2017 © AFP / Bruno Coutier / Bruno Coutier AFP

Comment se défaire d’un arbre généalogique où s’entremêlent médecins, magistrats, ministres ? 

Constance Debré, très jeune, a pris conscience de ce lourd héritage. Elle naît en 1972 à Paris et grandit dans le VIe arrondissement. Son père François Debré est le fils aîné de Michel Debré, un des principaux instigateurs de la Ve République. Prix Albert Londres et grand reporter, il porte le poids du nom de famille : son propre grand-père était le célèbre pédiatre Robert Debré, son père Jean-Louis a été président du Conseil constitutionnel et son autre frère, Bernard, a été député. La mère de Constance Debré est Maylis Ybarnegaray, mannequin et aristocrate désargentée

Ce départ dans cette nouvelle vie est un peu un voyage. Qu’est-ce qu’on cherche quand on part en voyage ? Des épreuves pour essayer de savoir qui on est et il y a un peu de ça dans Love me tender.

Voilà comment Constance et sa petite sœur grandissent : dans les appartements cossus de la famille de la rue de l’Observatoire et de la rue Jacob, avant de subir le déclassement social de ses parents qui habiteront un temps en HLM de la Ville de Paris, emportés tous deux par leurs addictions à l’opium et à l’héroïne.

Je parle d’un seul point de vue dans tout ce livre, c’est le point de vue de la narratrice, et à aucun moment je me mets à la place des autres personnages. 

Sa mère meurt lorsqu'elle a 16 ans. Elle s’accroche à ses études : collège et lycée à Henri IV, puis études de droit à l’université Panthéon-Assas et concours de l’ESSEC qui la mèneront à une carrière d’avocate pénaliste et à rédiger par exemple les discours de Bernard Accoyer, un temps président de l’Assemblée nationale.

La première fois qu’elle prend la robe d’avocate, c’est pour défendre son propre père accusé d’emploi fictif pour la Mairie de Paris.

Il me semble précisément que s’il reste un endroit où on peut parler un peu plus et dire un peu plus quand dans la vraie vie, c’est dans la littérature.

En 2013, elle est élue deuxième secrétaire de la conférence qui consacre ses talents d’oratrice. Spécialiste des dossiers traitant du terrorisme, elle abandonne vers la quarantaine sa carrière et quitte son mari avec qui elle a eu un fils pour se consacrer pleinement à une carrière d’écrivaine et vivre son homosexualité dans une petite chambre de bonne. 

D’une façon générale (même si c’est un cliché), je ne crois pas que les bons sentiments fassent de la bonne littérature.

Celle qui possède un exemplaire de Bonjour tristesse dédicacé par son auteure perçoit l’écriture comme une forme d’émancipation par rapport au poids de son nom. L’exercice, bien différent de la plaidoirie, questionne la famille, l’hétéronormativité, le désir homosexuel, l’obscénité, la féminité… Un condensé de thématiques déjà perceptibles dans Play Boy qu’elle fait paraître en 2018 et qui figure comme son premier roman autobiographique.

Sommaire

L’âge pivot est annulé, provisoirement, ce qui apporte un calme provisoire au mouvement social et permettra peut-être de sauver la période de soldes. On parlera des croissances et régimes spéciaux.

Le monde de l’édition voit naître un nouveau métier : lecteur en sensibilité qui pourrait également relire mes lancements si c’est possible. Si vous êtes un mâle blanc germanopratin, que vous écrivez sur les femmes noires, est-ce une sage précaution de faire relire votre manuscrit par une femme d’origine africaine par exemple ? Histoire d’éviter les clichés ou les erreurs…

Une addition surprenante : féminisme prostitution lesbianisme = si si c’est possible, c’est légal mais pas en France, c’est aux Pays-Bas. Deux femmes ont monté une agence d’escort uniquement dédiée aux femmes. C’est sûr ça va nous changer des fantasmes usants sur la prostitution…

Retrouvez toute l'équipe de "Par Jupiter !" avec :

La chronique d'Hippolyte Girardot : La poule et le couteau

Le moment Meurice : Il est libre Carlos

La chronique littéraire de Clara Dupont-Monod : Constance Debré, Love me tender, Flammarion

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