Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek reçoivent l'auteure franco-sénégalaise Fatou Diome pour la parution de son livre "Les veilleurs de Sangomar" aux éditions Albin Michel. Elle y traite de la question du veuvage et du lévirat dans une société traditionnelle aux croyances ancestrales très ancrées.

Fatou Diome
Fatou Diome © Getty / Eric Fougere

Fatou Diome s'est fait connaître en 2003 avec la publication du Ventre de l'Atlantique qui observait les sociétés françaises et sénégalaises, en lien directement avec son expérience personnelle.

En effet, Fatou Diome arrive en 1994 en France après avoir rencontré son mari au Sénégal où il est jeune coopérant. La petite fille, née d'une union illégitime et sauvée par sa grand-mère car elle aurait dû étouffée selon la tradition, grandit dans le rejet de sa communauté et dans le secret. Elle rédige discrètement des textes dès l'âge de 13 ans et assiste aux cours de l'école sans y être inscrite, animée par la soif d'apprendre.

Le personnage écrit pour régler ses comptes sur son veuvage et pour offrir une sépulture à tous ceux qui ont les vagues pour stèle.

Pour poursuivre des études, elle multiplie les ménages et loge chez des cousins après avoir été hébergée dans des familles d'accueil (dont une où l'homme était pédophile).

Arrivée en France au bras de son époux, elle découvre le racisme de sa belle-mère : elle divorce et recommence les ménages pour payer son loyer et ses études, mais également pour assouvir sa passion pour l'écriture qui la tient éveillée toutes les nuits.

Avant Le Ventre de l'Atlantique, elle fait le pari avec un ami de publier le recueil de nouvelles La Préférence nationale aux éditions Présence Africaine. Quoi qu'il en soit, elle met en garde la société française fantasmée par les jeunes populations migrantes et alerte sur la pauvreté également présente sur le territoire afin d'avertir de futurs rêves déchus...

Le paludisme est une maladie de pauvres et continue à tuer.

Titulaire d'une thèse de doctorat sur l'écrivain et le cinéaste Ousmane Sembène à l'Université de Strasbourg, elle se qualifie comme une lectrice boulimique qui dévore aussi bien les auteurs des Lumières (Montesquieu, Voltaire qu'elle adore) que Stig Dagerman, Marguerite Yourcenar, Léopold Sédar Senghor, Gustave Flaubert, Aimé Césaire, Honoré de Balzac, Victor Hugo...

Définissant l'écriture comme une terre d'accueil, elle se nourrit de son vécu, de ses observations (à l'image d'une quête personnelle) tout en s'appropriant la langue française dans sa musicalité la plus poétique pour proposer des ouvrages singuliers tels que Kétala (2006), Inassouvies, nos vies (2008), Celles qui attendent (2010) ou encore Marianne porte plainte ! (2017) aux éditions Flammarion.

Le "Joola" porte le nom d’une ethnie localisée au Sud du Sénégal et le bateau a coulé au large de Dakar car un moteur des deux moteurs est tombé en panne. Il y a eu 2 000 victimes dont des étudiants, des touristes, des équipes sanitaires, des personnes de tous pays...

C’est l’histoire du Titanic africain avec le double de victimes.

Dans ce dernier livre, elle s'inscrit dans la campagne présidentiel présentant au second tour le candidat Emmanuel Macron qui s'opposait à la candidate Front National Marine Le Pen en revenant sur les problématiques concernant l'intégration, le terrorisme et les migrations, découlant du précédent mandat.

Mais tout ce qui guide son écriture et ses engagements est avant tout un goût assumé pour la liberté : elle se définit d'ailleurs comme une insoumise absolue.

Sommaire

La précarité étudiante surgit avec virulence dans l’actualité. Un jeune homme de 22 ans s’est immolé, ses soutiens manifestent, et le coup de gueule d’une jeunesse étudiante délaissée remonte jusqu’au gouvernement…

Depuis que le parti animaliste rassemble 2% des votes, tous les partis s’emparent de la cause animale… Voilà que les chatons sont récupérés politiquement…

Les ventes de livres diminuent, et pourtant, la moitié des Français rêvent de se tourner vers l’écriture.

Retrouvez toute l'équipe de "Par Jupiter !" avec :

La chronique de Pablo Mira : Ces chialeuses d'étudiants !

Le moment Meurice : Séisme, nucléaire et joie de vivre

La chronique littéraire de Juliette Arnaud : Fatou Diome, Les veilleurs de Sangomar, éditions Albin Michel

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