Charline Vanhoenacker et Thomas Croisière reçoivent Janine Mossuz-Lavau pour son dernier ouvrage, « Le Clivage droite gauche. Toute une histoire », aux Presses de Sciences Po.

Biographie  

Née le 9 septembre 1942 à Saint-Jean-de-Tholome, Janine Mossuz-Lavau est politologue et sociologue. Elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (1963) et docteure d’État en science politique (1969). Sa thèse, publiée en 1970, porte sur André Malraux et le gaullisme.  

En 1964, elle est assistante de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques. Elle devient ensuite attachée de recherche (1969-1976) puis chargée de recherche (1976-1982), et enfin, directrice de recherche au CNRS et au Centre de recherches politiques de Sciences Po depuis 1982. Elle a été membre de l'Association française de science politique (1966-2006), membre du comité éditorial des Presses de Sciences Po, et membre de l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes (1999-2005). 

Spécialiste d'André Malraux, elle a également travaillé sur la sexualité en France. Ses thèmes de recherche sont : Genre et politique, Politiques de la sexualité, Littérature et politique, Sociologie de l’argent.   

Elle a notamment publié  Les lois de l'amour : les politiques de la sexualité en France de 1950 à nos jours, aux Éditions Payot, en 1991 mais aussi La vie sexuelle en France, La Martinière, en 2002 ou encore Mes années Malraux, aux Éditions du Jasmin, en 2011.    

Pour ses travaux, Janine Mossuz-Lavau utilise des enquêtes qualitatives et des « histoires de vie » :

J’essaie d’avoir le public le plus diversifié possible et je passe avec chaque personne deux heures, trois heures, cinq heures et je leur demande de me parler du sujet en question (la politique) depuis toujours et de remonter tout le cours de leur vie par rapport à ces notions.

Je fais en sorte qu’ils parlent et qu’ils me racontent tout ce qui se passe dans leur vie et leur tête. C’est anonyme et confidentiel. Ils savent qu’ils peuvent dire des choses qu’ils ne disent pas habituellement.

Le clivage gauche-droite   

Elle vient aujourd’hui nous parler de son tout dernier livre paru aux Presses de Sciences Po le 3 septembre dernier : Le clivage droite-gauche. Toute une histoire

Aux élections présidentielles de 2017, Macron semble incarner la fin du clivage historique entre la gauche et la droite. En partant de ce constat, Janine Mossuz-Lavau revient sur l’histoire de ce clivage et se demande : de quoi la gauche et la droite sont-elles aujourd’hui le nom ? 

Janine Mossuz-Lavau montre que le clivage gauche-droite n’est pas dépassé et continue à être pertinent dans les comportements politiques des électeurs, car ce sont les valeurs historiques et fondamentales de chaque catégorie politique qui font perdurer le clivage gauche-droite, et non plus le discours des politiques. La gauche voit l’humain perfectible, à condition qu’on l’aide à surmonter les difficultés, quand la droite est plus pessimiste et prône l’encadrement de l’homme, avec autorité si nécessaire. Janine Mossuz-Lavau parle donc d’une forme de démarxisation à gauche et d’une déchristinisation à droite, chaque camp étant plus souple qu’auparavant. Pour autant, elle explique que le clivage ne disparaît pas, notamment parce que les électeurs se perçoivent toujours en fonction de ces deux catégories politiques. En réalité, c’est le net décalage entre la demande (électeurs) qui utilise encore ce clivage et l’offre partisane (partis politiques) qui le rejette qui pourrait nous faire croire que le clivage gauche-droite est dépassé. Or, ce n’est pas le cas, nous dit l’autrice. Ce serait donc à l’offre et non à la demande de modifier son comportement puisque les gens ont ces valeurs encore chevillées au corps.

Au sommaire de cette émission

Emmanuel Macron a annoncé hier l’instauration d’un couvre-feu à Paris et huit autres métropoles. Le message est clair : le travail c’est la santé mais les loisirs sont dangereux...

L’argent dans le couple, un sujet tabou ? La sexualité serait un sujet moins tabou que l’argent. Mais pourquoi l’argent serait-il si tabou ?

Un enfant de 4 ans rit en moyenne 300 fois par jour alors qu’un quadragénaire rit 300 fois… en 10 semaines... Et pourtant, rire serait indispensable dans la vie professionnelle car rire libère des substances chimiques qui réduisent le stress dans le cerveau… Alors, que pense-t-on du rire au travail ? 

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