Charline Vanhoenacker et Juliette Arnaud reçoivent l'écrivain, essayiste et poète Louis-Philippe Dalembert pour la parution de son dernier ouvrage "Mur Méditerranée", en lice pour le Prix Goncourt des lycéens et dont l'auteur a récemment été récompensé du Prix de la Langue française valorisant la qualité des écrits.

L'écrivain Louis-Philippe Dalembert, lauréat du "choix Goncourt" 2019
L'écrivain Louis-Philippe Dalembert, lauréat du "choix Goncourt" 2019 © AFP / Joel Saget

Dans “Mur Méditerranée”,

Trois femmes, trois trajectoires, trois religions s'entrechoquent sur un navire qui mène vers l'Europe et de nouveaux espoirs. Qu'elles soient natives d’Érythrée ou encore du Nigeria, qu'elles proviennent de différentes classes sociales (l'une voyage sur le pont et une autre en fond de cale) et surtout qu'elles ne se connaissent pas, elles aspirent néanmoins toutes à quitter leur pays d'origine pour cause de réchauffement climatique, de guerres...

J’ai beaucoup lu et écouté de reportages, et j’ai une chance formidable pour écrire ce roman car j’ai été élevé par des femmes. 

Avec subtilité, Louis-Philippe Dalembert s'inspire d'un véritable fait-divers, celui du sauvetage en mer par le tanker danois Torm-Lotte en 2014. Il dresse ainsi trois portraits de femme marqués par l'exil, l'immigration forcée et la violence du voyage dans une fresque richement documentée.

J’ai un rapport difficile à la mer : comme beaucoup de Caribéens je ne sais pas nager et j’ai voulu transmettre la peur de ceux en fond de cale.

En effet, pour ce récit, l'auteur confie avoir séjourné un mois à Lampedusa en janvier 2018, discuté avec des associations, des religieux, pris en considération les récits de migrants. Son écriture s'attache à traiter les migrants comme des êtres humains, là où bien souvent ils sont relayés à des chiffres... Et évoque la précarité des femmes qui représentent une part de plus en plus importante dans ces trajets d'infortune.

Louis-Philippe Dalembert

Est né en 1962 à Port-au-Prince, capitale d'Haïti, alors aux prises de la dictature de François Duvalier. Sa mère est institutrice et son père directeur d'école, mais ce dernier décède pendant l'enfance de l'auteur. 

Élevé par des femmes (sa mère, sa grand-mère, ses tantes) dans un contexte très religieux, il dispose d'un cadre narratif oral : celles-ci créent autour un univers de contes qu'elles récitent. Il se rappelle aussi les cinémas à ciel ouvert, modernes, où le quartier s'y réunissait à la belle étoile. Parfois, il déjouait la surveillance maternelle pour profiter d'un western-spaghetti ou d'un film de kung-fu.

Pour écrire ce roman, il fallait avoir du rhum à côté de soi.

En 1986, il quitte Haïti après y avoir été journaliste (la même année où le fils du dictateur, Jean-Claude Duvalier se réfugie en France). Il y étudie notamment la littérature et achève une thèse en doctorat à l'Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle sur l'écrivain cubain Alejo Carpentier.

Polyglotte, il a vécu dans plusieurs métropoles du monde : Paris, Nancy, Rome, Berlin, New York, Jérusalem, Milwaukee...

Il s'est particulièrement fait connaître en 1996 avec la parution de son premier roman Le Crayon du bon Dieu n'a pas de gomme inspiré de son propre vécu.

Dans ses autres romans, il distille des récits d'immigration, de voyage, de confrontation avec diverses réalités, interroge les mentalités. En 2017, il est finaliste du Prix Médicis avec Avant que les ombres s'effacent.

Sommaire

Dans le concert des contestations tout autour de la planète, Haïti n’est pas en reste. Tout le pays est bloqué. La rue se soulève depuis deux mois et demi pour exiger le départ du président. Hier lors des commémorations de la bataille pour l’indépendance, il n’a d’ailleurs pas osé montrer le bout de son nez…

Nous donner à voir ceux qu’on appelle les migrants autrement, c’est par exemple ce que fait le Midi Libre, en nous racontant les retrouvailles assez miraculeuses entre un jeune ivoirien exilé à Montpellier et le médecin qui l’a soigné à son arrivée à Lampedusa. Tout ça dans le contexte d’un festival de cinéma… Ahhh la magie du cinéma…

L’état d’une civilisation se mesure aussi à l’état de ses latrines. C’est pourquoi cette journée mondiale des toilettes est plus sérieuse que son intitulé… Question de survie pour les trois quarts de la planète, en Occident, les articles de presse nous mettent en garde sur l’utilisation du smartphone au petit coin…

Retrouvez toute l'équipe de "Par Jupiter !" avec :

La chronique de Constance : Journée mondiale des toilettes

Le moment Meurice : Fête des maires !

La chronique littéraire de Clara Dupont-Monod : Louis-Philippe Dalembert, Mur Méditerranée, Sabine Wespieser Editeur

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