Charline Vanhoenacker et Juliette Arnaud ont reçu Anaïs Demoustier pour le film « La fille au bracelet » et Constance Debré pour la sortie de son album « Love me tender ».

Anaïs Demoustier et Constance Debré
Anaïs Demoustier et Constance Debré © Stephane Cardinale - Corbis/Getty Abel Llavall-Ubach / Hans Lucas/AFP

Anaïs Demoustier

En à peine quinze ans de carrière, elle a joué plus de cinquante rôles sous la caméra d'Isabelle Czajka (L'Année suivante, 2007), de Christophe Honoré (La Belle personne, 2008 et Les Malheurs de Sophie, 2016), de Rebecca Zlotowski (Belle Epine, 2010), de Claude Miller (Thérèse Desqueyroux, 2012), de Bertrand Tavernier (Quai d'Orsay, 2013), de Pascale Ferran (Bird People, 2014), de Robert Guédiguian (Au fil d'Ariane, 2014 ; La Villa, 2017 et Gloria mundi, 2019), de François Ozon (Une nouvelle amie, 2014), de Valérie Donzelli (Marguerite et Julien, 2015), de Noémie Lvovsky (Demain et tous les autres jours, 2017) ou encore de Quentin Dupieux (Au poste !, 2018)...

Anaïs Demoustier débute sous le regard singulier de Michael Haneke dans "Le Temps du loup" en 2003.

Alors qu'elle est née dans une famille très catholique du Nord de la France (banlieue lilloise), Anaïs Demoustier est la benjamine d'une famille de quatre enfants élevés par un père cadre à Auchan et une mère au foyer.

Très dynamique, bavarde et enthousiaste, ses parents l'inscrivent à des cours de théâtre et de chant. Elle est repérée par la directrice de casting de Michael Haneke pendant sa prime adolescence qui lui propose des essais pour incarner la fille d'Isabelle Huppert dans le nouveau film du cinéaste. 

Au début réticente car c'est l'année du brevet et qu'elle est une élève studieuse, son frère Stéphane, amateur de cinéma, alerte alors leurs parents sur cette chance à saisir.

A 18 ans, le bac en poche (et un 18 à l'oral de Français car son examinateur avait adoré Le temps du loup), elle s'installe à Paris et débute des études de lettres et de cinéma à l'Université Sorbonne-Nouvelle, mais renonce pour se dédier entièrement au cinéma.

Pour autant, elle conserve sa passion pour le chant, notamment le chant lyrique, et n'abandonne pas l'idée d'écrire un jour un album.

Constance Debré 

Elle naît en 1972 à Paris et grandit dans le VIe arrondissement. Son père François Debré est le fils aîné de Michel Debré, un des principaux instigateurs de la Ve République. Prix Albert Londres et grand reporter, il porte le poids du nom de famille : son propre grand-père était le célèbre pédiatre Robert Debré, son père Jean-Louis a été président du Conseil constitutionnel et son autre frère, Bernard, a été député. La mère de Constance Debré est Maylis Ybarnegaray, mannequin et aristocrate désargentée.

Voilà comment Constance et sa petite sœur grandissent : dans les appartements cossus de la famille de la rue de l’Observatoire et de la rue Jacob, avant de subir le déclassement social de ses parents qui habiteront un temps en HLM de la Ville de Paris, emportés tous deux par leurs addictions à l’opium et à l’héroïne.

Sa mère meurt lorsqu'elle a 16 ans. Elle s’accroche à ses études : collège et lycée à Henri IV, puis études de droit à l’université Panthéon-Assas et concours de l’ESSEC qui la mèneront à une carrière d’avocate pénaliste et à rédiger par exemple les discours de Bernard Accoyer, un temps président de l’Assemblée nationale.

La première fois qu’elle prend la robe d’avocate, c’est pour défendre son propre père accusé d’emploi fictif pour la Mairie de Paris.

Celle qui possède un exemplaire de Bonjour tristesse dédicacé par son auteure perçoit l’écriture comme une forme d’émancipation par rapport au poids de son nom. L’exercice, bien différent de la plaidoirie, questionne la famille, l’hétéronormativité, le désir homosexuel, l’obscénité, la féminité… Un condensé de thématiques déjà perceptibles dans Play Boy qu’elle fait paraître en 2018 et qui figure comme son premier roman autobiographique.

Retrouvez l’équipe de Par Jupiter avec

La chronique d’Hippolyte Girardot : La fille à la chaînette

Le moment Meurice : Rose et le monde du travail

La chronique de Clara Dupont-Monod : « Love me tender » 

La chanson de Fred Fromet : Un pangolin a tué

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