Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek ont reçu Carmen Castillo pour son documentaire « Chili 1973, une ambassade face à un coup d’Etat » et Aure Atika pour le film « 10 jours sans maman » de Ludovic Bernard.

Aure Atika et Carmen Castillo
Aure Atika et Carmen Castillo © Joël PHILIPPON/PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP et PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

Carmen Castillo

Dans "Chili 1973, une ambassade face à un coup d'Etat », Carmen Castillo filme les choix individuels et politiques lors de cet autre 11 septembre qui a installé la dictature à la tête du pouvoir chilien avec le Général Pinochet. Un climat répressif se met alors en place : persécutions, violences, crise sans précédent irriguent le pays. L'ambassade de France à Santiago décide alors d'ouvrir ses portes pour accueillir les militants chiliens : il s'agit là d'une décision prise par les diplomates en place, relevant de leur seule responsabilité.

Ce documentaire récolte les témoignages de plusieurs personnalités qui ont vécu cette période de trouble.

Ecrivaine, réalisatrice, militante, Carmen Castillo est née dans une famille bourgeoise du Chili, d'un père recteur démocrate chrétien, architecte et notable. Après des études supérieures, elle enseigne l'histoire à l'Université et s'engage à 17 ans dans le Mouvement de la Gauche révolutionnaire qui fusionne trotskystes, socialistes, guevaristes. 

Elle épouse alors Andrés Pascal Allende avec qui elle a une fille puis rencontre Miguel Enriquez, secrétaire général du mouvement qui va rapidement être recherché par la junte après la coup d'Etat. Une fois trouvé, celui-ci est exécuté. Carmen Castillo est laissée pour morte, enceinte de six mois, sauvée in extremis. Mais son enfant meurt à la naissance dans un hôpital de Cambridge.

A la fin des années 1970, elle obtient le statut de réfugiée politique et commence à côtoyer les intellectuels de Saint-Germain-des-Prés. Alors qu'elle travaille en tant que vendeuse dans une boutique d'Agnès B., elle voit défiler un cortège de penseurs et penseuses qui se nourrissent de son discours militant. 

Depuis le début des années 1980, elle mène de front ses activités d'écrivaine, de réalisatrice et de militante, inextricables les unes des autres. Autant ses livres que ses films convoquent la lutte pour la liberté au Chili. Ces dernières années, elle effectue plusieurs allers et retours entre la France et le Chili afin de filmer les révoltes, les tensions, les conditions de vie, dans un pays récemment marqué par une crise politique, social et économique provoquée par la hausse du ticket de métro à Santiago.

La société chilienne est la société la plus cruelle au monde […] C’est le récit néolibéral qui s’est effondré au Chili.

Aure Atika

Née le 12 juillet 1970 au Portugal, Aure Atika joue son premier rôle au cinéma à l’âge de 9 ans dans « L’adolescente » réalisé par Jeanne Moreau. Après avoir été animatrice de télévision dans l'émission « Sexi zap » sur M6 puis dans « Nova » sur Paris Première, le public la retrouve au cinéma en 1996 dans « La Vérité si je mens » de Thomas Gilou. Par la suite, elle joue dans plusieurs séries télévisées et réalise trois courts-métrages. 

Dans "10 jours sans maman", elle joue Isabelle, une femme résolument optimiste qui gère tout avec facilité, joie et entrain. Après avoir lâché sa profession d'avocate pour se consacrer exclusivement à l'éducation de ses quatre enfants, elle supporte difficilement de voir que son mari reçoit tous les lauriers alors que sa dévotion de mère poule passe quasiment inaperçue. En mal de reconnaissance, elle décide de se mettre en retrait quelques jours pour faire une pause et s'occuper d'elle... au détriment de son foyer. 

Retrouvez l’équipe de Par Jupiter ! avec

La chronique d’Aymeric Lompret : La baisse des dons de la Fondation L'Abbé Pierre

La chronique de Christine Gonzalez : La télévision en deuil

La chronique de Thomas VDB : Benjamin Biolay & Intermarché unis contre la vie chère

La chanson de Fred Fromet : Marignane-Vesoul, en duo avec Constance

Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.