Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek reçoivent l'artiste plasticienne et performeuse Esther Ferrer, dont la prochaine exposition est prévue du mardi 20 avril au mercredi 30 juin 2021 à la galerie Lara Vincy à Paris.

Esther Ferrer en 2019
Esther Ferrer en 2019 © Maxppp / Juan Herrero/EPA/Newscom

Biographie

Esther Ferrer naît en 1937 à Saint-Sébastien en Espagne. Elle grandit en pleine guerre civile espagnole, dans un milieu républicain. Vivant à Saint-Sébastien, elle passe souvent la frontière pour aller au cinéma, acheter des livres et des revues qu'elle lit dans les cafés. En raison de la dictature de Franco, elle ne peut pas les rapporter chez elle. Elle lit donc les journaux français pour savoir ce qui se passe en Espagne.

Elle fait des études en sciences sociales puis travaille comme assistante sociale. En 1962, elle rejoint sa sœur à Paris pour être fille au pair. En 1963, Esther Ferrer crée l'Atelier de Libre Expression avec l'artiste peintre José Antonio Sistiaga à Saint-Sébastien. Cet atelier pour les enfants est basé sur la méthode Freinet. 

Elle part ensuite à Madrid pour faire des études de philosophie, lettres et journalisme où elle commence à pratiquer la performance. Après une tournée aux États-Unis en 1973, elle s'installe à Paris. En 1975, dès la mort de Franco, elle commence à publier des articles sur des sujets culturels et d'actualité dans différents journaux et magazines espagnols, tels que El País, Ere, Lápiz, El Globo et Jano.

Performances 

Esther Ferrer est une artiste plasticienne et une performeuse, et une figure majeure des cinquante dernières années. Une des premières performances qu’Esther Ferrer a réalisées, dans les années 70, consistait à prendre les mesures de son corps nu avec un mètre de couturière. Aucune de ses mensurations ne correspondait aux canons de la femme parfaite, et l’artiste, par ce simple geste, cassait bien des stéréotypes.

Dès 1967, elle fait partie du groupe Zaj, fondé par les compositeurs Juan Hidalgo et Walter Marchetti et Ramón Barce s'inspire de l'univers de John Cage et de la musique concrète. Le groupe d'art, de performance et de musique contemporaine Zaj s'est illustré par ses actions radicales et conceptuelles, actions présentées en Espagne dans des salles de concerts destinées à la musique classique pour échapper à la censure du régime franquiste. Esther Ferrer accompagne le groupe jusqu'à sa dissolution en 1996.

De cette époque Esther Ferrer conserve une posture libertaire, un attachement profond à toute forme de liberté et un refus de toute forme d'oppression.

Une des premières performances qu’Esther Ferrer a réalisées, dans les années 70, consistait à prendre les mesures de son corps nu avec un mètre de couturière. Taille de ses hanches, de ses mollets, de son cou, de ses seins... Aucune des mensurations ne correspondait aux canons de la femme parfaite, et l’artiste, par ce simple geste, cassait bien des stéréotypes. En plein contexte de libération de la parole des femmes, notamment au travers du slogan "mon corps m'appartient", Esther Ferrer utilise son art pour prendre part au mouvement :

On a commencé à employer notre corps comme support de notre lutte et de notre discours.

Esther Ferrer reçoit le Prix national des Arts Plastiques d'Espagne en 2008, le Prix Gure Artea du Gouvernement Vasque en 2012, le prix MAV (Mujeres en las artes visuales), le prix Marie Claire de l'art contemporain et le prix Velazquez en 2014. 

Au fil de sa vie, Esther Ferrer s’est exprimée à travers la photo, la vidéo, des installations, des déclarations, des poèmes... mais avant tout, elle s’est exprimée à travers son corps avec une radicalité qui fait d’elle une figure pionnière de la performance et d’un art résolument féministe.

Sa prochaine exposition est prévue du mardi 20 avril au mercredi 30 juin 2021 à la galerie Lara Vincy 47 rue de Seine, 75006 Paris

Au sommaire de cette émission

Alors même que l'Assemblée vote aujourd'hui la loi de "sécurité globale", nous parlerons liberté d'expression… C'est en effet un grand jour pour la liberté ! La liberté du gouvernement de nier les violences policières et de décourager les journalistes à les filmer…

Confinement, deuxième épisode : comme au printemps, musées et galeries sont fermées, et les artistes sont confinés et isolés du monde qui les inspire. Les plasticiens tentent tout de même de créer…

Il y a de moins en moins de nudité dans les publicités qui sont diffusées. Il est loin de temps où des femmes nues servaient à vendre tout et n'importe quoi… Mais même au plus fort de cette tendance, on n'aurait jamais vu de la nudité intégrale… Et pourtant, la compagnie télécom islandaise, Novaisland, l'a fait et l'a diffusée à une heure de grande écoute !

Retrouvez l'équipe de Par Jupiter ! avec

  • La chronique de Constance : L'heure bleue foncée
  • La chronique d'André Manoukian : Le ragot et le mythe
  • Le moment Meurice : La France des anti-campings

La programmation musicale 

  • ARNO - Chic & pas cher
  • FANTASTIC NEGRITO - Chocolate Samourai
  • Ryuichi Sakamoto 

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Les invités
L'équipe
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