Charline Vanhoenacker et Juliette Arnaud reçoivent l'écrivaine Tatiana de Rosnay pour la parution en mars dernier de son dernier roman, "Les Fleurs de l’Ombre", une coédition Robert Laffont - Heloïse d'Ormesson.

Tatiana de Rosnay en avril 2019
Tatiana de Rosnay en avril 2019 © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Tatiana de Rosnay a publié son premier roman, L’Appartement témoin, en 1992. Depuis, elle a publié une quinzaine de livres dont Elle s’appelait Sarah, vendu à onze millions d'exemplaires dans le monde et porté à l’écran par Gilles Paquet-Brenner en 2010. Sa mère, Stella Jebb, est la fille de Lord Gladwyn Jebb, ancien secrétaire général de l'ONU par intérim et ambassadeur britannique à Paris de 1954 à 1960. Son père est le scientifique Joël de Rosnay. 

Tatiana de Rosnay a vécu à Paris, où elle a étudié à l'École active bilingue Jeannine-Manuel, Boston et enfin en Angleterre. De retour à Paris en 1984, elle est attachée de presse dans une maison de vente aux enchères puis dans une agence de publicité, journaliste pigiste pour Vanity Fair et Elle, et critique littéraire pour Psychologies magazine. Inspirée par Oliver Twist, elle écrit son premier roman Une petite fille nommée Carrie à l'âge de dix ans. Ses autres écrits de jeunesse (Juvenilia de type journaux intimes, lettres, nouvelles, petits romans) rédigés entre 10 et 30 ans sont enfermés dans une cave avec la mention « Ne pas publier si je meurs ». 

Depuis 1992, Tatiana de Rosnay publie des romans en français et en anglais. Elle a aussi collaboré à la série Affaires familiales pour laquelle elle a écrit deux épisodes avec le scénariste Pierre-Yves Lebert. Son premier succès vient avec son roman de 2006, Elle s'appelait Sarah, qui met en parallèle deux histoires : l'une se déroulant lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver en 1942 et l'autre en 2002. Cette dernière relate l'enquête d'une journaliste américaine sur cet événement clé de la Shoah en France, à l'occasion de son soixantième anniversaire. 

En 2009, Tatiana de Rosnay publie son neuvième roman, le deuxième écrit en anglais, Boomerang. Il commence par le parallèle entre l'accident de voiture d'un frère et d'une sœur, au milieu des années 2000, et un secret de famille dans les années 1970, avant le décès de leur mère. En janvier 2010, le classement de plusieurs magazines consacrés à l'édition, dont Livres-Hebdo en France et The Bookseller en Grande-Bretagne, place Tatiana de Rosnay à la huitième place des écrivains de fiction les plus vendus en Europe en 2009. 

Sa romancière préférée est Daphné du Maurier, dont elle a publié la biographie en mars 2015, Manderley for ever, nominé pour le Goncourt de la biographie 2015 et gagnant du prix de la biographie d’Hossegor 2015. En 2018, elle a publié aux Editons Michel Lafon, en collaboration avec sa fille Charlotte Jolly de Rosnay, la vie de Tamara de Lempicka, son peintre préféré : Tamara par Tatiana

Elle fait aussi partie du comité d’auteurs de France Loisirs et est vice-présidente et membre du jury du Prix de la Closerie des Lilas. 

Elle vient aujourd'hui nous parler de son dernier roman, Les Fleurs de l'ombre, titre emprunté à l'œuvre de Virginia Woolf. Ce livre est une invitation à la réflexion sur un futur qui nous angoisse, il est né de conversations qu'elle a eu avec son père. Dans ce roman, Clarissa Katsef quitte son mari à la suite d’une découverte qui l’a profondément bouleversée et peine à trouver un nouveau toit. La chance semble tourner lorsqu’elle est admise dans la résidence pour artistes CASA. Après quelques jours passés dans son superbe appartement, elle éprouve un malaise diffus, le sentiment d’être observée en permanence... 

Mon héroïne, ce n'est pas moi. Elle est beaucoup plus parano que moi. C'est une menace différente que les fantômes etc que j'aborde ici, c'est plutôt ces nouvelles technologies.

Tatiana de Rosnay met en lumière la société dans laquelle nous vivons : une société de plus en plus déshumanisée, où l'intelligence artificielle, les robots qui assistent l'homme, les sexbots sont de plus en plus prisés.

Ce roman met en scène d'une façon légèrement exagérée ce qui existe déjà. Ce qui m'intéresse c'est comment nous, en tant qu'êtres humains nous réagissions à ce progrès.

Au sommaire de cette émission

375e épisode du Brexit : vu comment c’est parti, on va trouver un vaccin avant de trouver une solution pour le Brexit… 

Quelles traces les gestes barrières vont-ils laisser dans notre rapport à l'autre ? Les gestes barrières c’est un peu comme l’état d’urgence : on pense au début que c'est provisoire, et petit à petit, on se retrouve avec la distanciation inscrite dans la Constitution...

Devra-t-on payer pour les corps virtuels demain ? L’artiste Simon Senn a réalisé un spectacle, Be Arielle F, qui soulève la question des droits encore inexistants des identités et répliques numériques. Son spectacle s'articule autour de son expérience dans le corps virtuel d’une femme qu’il a acheté sur une plateforme pour 12 dollars, seulement...

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La chronique d'Aymeric Lompret : Les SDF

Le moment Meurice : Le managment 4.0

La chronique littéraire de Clara Dupont-Monod : "Les Fleurs de l'Ombre" de Tatiana de Rosnay

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