Charline Vanhoenacker et Juliette Arnaud reçoivent Carmen Castillo, militante engagée, invitée d'honneur de la deuxième édition du Festival International Documentaire qui s'est déroulée à Biarritz, et auteure du documentaire "Chili 1973, une ambassade face à un coup d'Etat", diffusé dimanche 26 janvier sur France 5.

Carmen Castillo le 23 janvier 2020 à Biarritz
Carmen Castillo le 23 janvier 2020 à Biarritz © AFP / GAIZKA IROZ / AFP

Dans "Chili 1973, une ambassade face à un coup d'Etat",

Carmen Castillo filme les choix individuels et politiques lors de cet autre 11 septembre qui a installé la dictature à la tête du pouvoir chilien avec le Général Pinochet.

Un climat répressif se met alors en place : persécutions, violences, crise sans précédent irriguent le pays. L'ambassade de France à Santiago décide alors d'ouvrir ses portes pour accueillir les militants chiliens : il s'agit là d'une décision prise par les diplomates en place, relevant de leur seule responsabilité.

La désobéissance est un acte libre, conscient, responsable qui a rendu la France plus forte et plus intéressante pour toute l’Amérique latine du Sud [avec l'accueil de ces 600 réfugiés].

Ce documentaire récolte les témoignages de plusieurs personnalités qui ont vécu cette période de trouble.

Ecrivaine, réalisatrice, militante,

Carmen Castillo est née dans une famille bourgeoise du Chili, d'un père recteur démocrate chrétien, architecte et notable. 

Après des études supérieures, elle enseigne l'histoire à l'Université et s'engage à 17 ans dans le Mouvement de la Gauche révolutionnaire qui fusionne trotskystes, socialistes, guevaristes. 

Elle épouse alors Andrés Pascal Allende avec qui elle a une fille puis rencontre Miguel Enriquez, secrétaire général du mouvement qui va rapidement être recherché par la junte après la coup d'Etat. 

Je me suis souvenue du temps de la France qui m’a accueillie comme réfugiée politique.

Une fois trouvé, celui-ci est exécuté. Carmen Castillo est laissée pour morte, enceinte de six mois, sauvée in extremis. Mais son enfant meurt à la naissance dans un hôpital de Cambridge.

A la fin des années 1970, elle obtient le statut de réfugiée politique et commence à côtoyer les intellectuels de Saint-Germain-des-Prés. Alors qu'elle travaille en tant que vendeuse dans une boutique d'Agnès B., elle voit défiler un cortège de penseurs et penseuses qui se nourrissent de son discours militant. 

Je pense que la mémoire survit avec le désir de la raconter à partir du présent.

Elle croise par ailleurs Gilles Deleuze qui encourage l'idée d'une expérience de l'exil.

Depuis le début des années 1980, elle mène de front ses activités d'écrivaine, de réalisatrice et de militante, inextricables les unes des autres. Autant ses livres que ses films convoquent la lutte pour la liberté au Chili.

Cette explosion provient de longues luttes et de mouvements qui tentaient d’alerter sur des retraites par capitalisation.

Ces dernières années, elle effectue plusieurs allers et retours entre la France et le Chili afin de filmer les révoltes, les tensions, les conditions de vie, dans un pays récemment marqué par une crise politique, social et économique provoquée par la hausse du ticket de métro à Santiago.

La société chilienne est la société la plus cruelle au monde […] C’est le récit néolibéral qui s’est effondré au Chili.

Le Chili, considéré comme havre de paix et modèle ultra-capitaliste d'Amérique latine, est ainsi en proie aux inégalités socio-économiques qu'illustrent les mouvements sociaux pour les retraites, l'accès à l'éducation...

Sommaire

Au Chili, le peuple se soulève depuis plus de trois mois et la répression est sanglante. Tout a commencé avec l’augmentation du ticket de métro, puis la rue a contesté la retraite par capitalisation ou la privatisation de l’eau et de l’éducation… D’ailleurs, comment fait-on pour entrer en classe à Santiago ?

Au fur et à mesure que la mobilisation dans la rue diminue, d’autres formes de contestation apparaissent : coupures de courant, chorégraphies ou intrusions dans un théâtre… C’est ce que tout le monde s’accorde à appeler « la radicalisation du mouvement »…

Des groupes d’enseignants jettent des manuels scolaires sur le perron de leur préfecture, tandis que des lecteurs arrachent les pages lues pour alléger l’ouvrage à transporter durant un voyage… L’objet livre est-il sacré ou a-t-on le droit de le malmener ?

Retrouvez toute l'équipe de "Par Jupiter !" avec :

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Le moment Meurice : Dictature VS. démocratie

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