Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek reçoivent Yaya Diomandé pour son nouveau livre « Abobo Marley » sorti le 16 septembre dernier aux éditions JC Lattès, pour lequel il est le premier lauréat du nouveau prix littéraire « Voix d’Afriques » coorganisé par RFI et les éditions JC Lattès.

Biographie

Né le 18 décembre 1990 à Abidjan en Côte d’Ivoire, Yaya Diomandé vient d'une famille très pauvre, une fratrie de cinq, dont les parents travaillent dans un commerce de poissons et de légumes. 

Yaya Diomandé brille à l’école et s’oblige à être le premier partout. Durant ses années de collège et de lycée à Man, il peut compter sur ses amis pour comblé son appétit de lectures : l’école catholique voisine dispose d’une bibliothèque où ses amis empruntent pour lui les ouvrages qui le construisent un à un. Il découvre alors les écrits d’Amadou Hampâté Bâ ou les romans d’Ahmadou Kourouma. C’est là aussi qu’il lit Prisonnier de Tombalbaye, du Tchadien Antoine Bangui-Rombaye qui, plus que d’autres, nourrit sa conscience politique en racontant le pouvoir et la disgrâce d’un ministre. 

Scientifique dans l’âme et amoureux des mathématiques, il décroche un bac littéraire alors qu’il est en classe de première S, pour gagner une année d’études. C'est son frère aîné, Mamadou, qui payait pour sa scolarité. Il souhaitait donc finir vite ses études afin que son frère puisse financer les études de ses petites soeurs. 

Après son bac en poche, Yaya Diomandé obtient un BTS en transport logistique en 2010 et un BTS en Finance-Comptabilité, ainsi qu'une maîtrise en droit privé. Il étudie actuellement le droit des affaires à l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody-Abidjan, en 3ème année de Licence.

Cependant, malgré ses nombreux diplômes, Yaya Diomandé n’enchaîne que les petits boulots depuis une dizaine d’années. En parallèle, il a travaillé comme traducteur-interprète avant de créer un journal en ligne Investissements . En 2014, il a été lauréat de la 3ème édition du concours littéraire Le Jeune Ecrivain. Il a été également co-auteur d'Une Leçon de Pardon et de Réconciliation, recueil de nouvelles paru en juin 2015 aux Éditions Les Matrices. Avec Le Divorce, il a publié sa deuxième oeuvre individuelle après Such is life paru à Edilivre.

Le Prix Voix d'Afriques

Les éditions JC Lattès, associées à RFI, ont mis en place une nouvelle récompense littéraire – le Prix Voix D’Afriques - dont l'objectif est la découverte des nouvelles plumes de langue française sur tout le continent africain. C'est un prix basé sur des manuscrits écrits par des auteurs de moins de 30 ans, n'ayant encore rien publié. La récompense est rare : le manuscrit vainqueur deviendra un roman publié aux éditions JC Lattès, avec une coédition dans le pays natal du lauréat ou de la lauréate. 

Et le lauréat de cette édition 2020 est Yaya Diomandé, pour Abobo Marley, titre inspiré du nom d'une petite commune près d'Abidjan et du petit quartier baptisé Marley. Abobo Marley est donc son premier roman. Il met en scène Koné Moussa alias Mozess, un Ivoirien qui travaille dès 4 heures du matin comme «balanceur» à bord d'une «gbaka» une fourgonnette qui fait la liaison entre la commune d'Abobo et le centre commercial d'Adjamé. Comme beaucoup, son rêve est d'aller en Europe. C'est l'eldorado, pense-t-il. Pour y parvenir, il enchaîne les métiers : cireur de chaussures, apprenti mécanicien, chauffeur de taxi, soldat de rébellion ou encore chef de bande... Peu importe le prix à payer, il veut partir, et que sa réussite là-bas profite aux siens ici. 

Moussa rêve de venir en Europe pour aider sa mère et réaliser ses rêves. A la fin, il voit que l’Europe n’est pas le paradis dont il rêvait.

Yaya Diomandé a travaillé cinq ans sur son Abobo Marley. Les aventures de Koné Moussa, il les a rêvées avant de les écrire sur son téléphone portable, entre deux chargements de cargaisons dans le port d’Abidjan. Après sa journée, il sortait son grand cahier à spirale pour recopier son texte. Sans le prix Voix d’Afriques, mis en place par les éditions JC Lattès et RFI, Koné Moussa serait resté le héros silencieux d’un manuscrit resté au fond d’un tiroir car tous les éditeurs ivoiriens le lui ont refusé, explique Yaya Diomandé. 

Si la vie de Yaya ressemble étrangement à celle de son jeune héros, c’est qu’Abobo Marley veut raconter tout ce qui ne tourne pas rond dans la société ivoirienne. Abobo Marley est un roman social qui met en lumière des ressorts invisibles à l’œil nu, les dénonce et invite à cette prise de conscience.

Dans ce roman, le héros Moussa tombe de haut en arrivant en Europe... Néanmoins, l’écrivain précise qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux permettent à ces gens qui rêvent de venir en Europe de se rendre compte de la situation de ceux qui ont réussi à traverser la Méditerranée, et qui connaissent la grande précarité...

Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, ce n’est plus comme il y a dix ans de cela... On voit tout déjà. 

Sommaire

Samedi la Côte d’Ivoire vote pour élire un nouveau président. Enfin… Un nouvel ancien président, parce que les les mêmes depuis 30 ans ne veulent pas dégager, quitte à provoquer une nouvelle guerre civile…

La situation sanitaire en Afrique et le Covid-19 : L’OMS a récemment publié un rapport expliquant pourquoi l'Afrique résiste au Covid-19.

Les mots nouchi sont de plus en plus présents dans la langue française : une « go », « s’enjailler » et bien d’autres... Le nouchi est une forme d’argot, mélange de français et de plusieurs langues de Côte d’Ivoire et apparu dans les années 1970.

Retrouvez l'équipe de Par Jupiter ! avec

  • La chronique de Juliette Arnaud : Abobo Marley - Yaya Diomandé
  • Le moment Meurice : La guerre entre la Turquie et la France
  • La chronique de Constance : La journée mondiale de la statistique

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