A quoi ressemble la vie quand on a 15 ans ?

Lou a 15 ans et elle a tout quitté pour réaliser son rêve et faire de la pâtisserie
Lou a 15 ans et elle a tout quitté pour réaliser son rêve et faire de la pâtisserie © Getty / Pekic

Qui est Lou ? 

Lou a 15 ans, elle habite Paris, dans le 18ème arrondissement. Je l'ai rencontrée un jeudi soir, pas très tard, vers 18h30 environ.

Elle m'a invitée chez elle, je suis arrivée en retard. Magnanime, elle n'a rien dit, elle avait même préparé un gâteau au chocolat. On s'est assise par terre, dans sa chambre. 

Lou vient d'entrer en seconde, ce qui l'a marqué dans l'actualité ces derniers temps, c'est une sombre affaire de mauvaise représentation du corps féminin

"Récemment, j'ai vu pour la marque Zara, qu'ils avaient engagé une femme ronde, qui fait une taille 40-42, et en fait c'est la taille moyenne des Françaises. Ça fait un peu polémique et je suis totalement d'accord. C'est compliqué le rapport à la morphologie aujourd'hui même s'il y a des efforts qui sont faits par les marques. Et ils sont obligés d'ouvrir des collections pour des femmes qui ont des morphologies normales, et qui ne sont pas filiformes. C'est inadmissible, à nos âges, nos corps changent. Juste vis ta vie et arrête de te prendre la tête. Okay tu ne corresponds pas aux normes, aux standards... Bon je dis ça, dans deux heures, je serais devant mon miroir à dire 'Ah oui, quand même' (rires)."

Une passion, la pâtisserie

Lou n'aime pas tellement les standard, les canons, les préjugés. D'ailleurs elle veut faire un métier d'hommes, enfin un métier jusqu'à présent plutôt réservé aux hommes : la pâtisserie.

Quand elle évoque le sujet, ses yeux brillent. Quand elle fait un gâteau, c'est un peu comme si elle quittait le monde, elle atteint un niveau de présence supérieur. 

"En fait, c'est un peu comme une phase de transe. Je suis là que pour moi et que pour mon gâteau. Je ne pense qu'à ça, qu'à mes oeufs, à comment je vais les casser pour qu'il n'y ait pas de coquilles, à mon chocolat qu'il soit bien fondu. J'oublie tout le reste, ce qui va, ce qui va pas. C'est juste moi et mon gâteau et ça fait trop plaisir. Et quand mon gâteau cuit, je me pose devant le four et j'attends." 

Quand j'ai des petits coups de mou, je me dis qu'il faut que je fasse ça, un gâteau. Ça fait du bien.

Lou a décidé de suivre sa passion… En troisième l'an dernier, elle a choisi de quitter la filière générale pour préparer un bac pro cuisine. Son proviseur a été pour le moins surpris.

"En fait, il ne savait pas, je n'avais rien dit, et il a vu sur ma fiche 'Dialogue' que je voulais faire cuisine. Il m'a appelé en plein cours et m'a demandé des explications. Et je lui ai répondu 'oui'. Il m'a dit qu'il me voyait dans une autre filière, faire de longues études. Je lui ai répondu que mes longues études, je les ferai en cuisine. Que c'était ce qui me plaisait.

Je lui ai dit que je n'avais pas envie de faire encore trois ans, juste pour avoir le bac, et faire encore des grandes études sur des chaises, alors que je pourrais faire ce qu'il me plait et kiffer.

Lou ne s'est pas laissée démonter. Elle a tenu ferme ses positions.

Aujourd'hui elle est en seconde professionnelle dans une grande école de cuisine, l'école Ferrandi.

Elle reste fidèle à ses idéaux féministes. 

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