L'écuyer, scénographe, et directeur du théâtre équestre Zingaro, a choisi, pour nous dépayser, un tableau du peintre expressionniste allemand. Un cheval de trois-quart dos sur un paysage indéfini ouvert aux interprétations multiples.

Bartabas en 2017 au Théâtre équestre Zingaro
Bartabas en 2017 au Théâtre équestre Zingaro © AFP / Martin BUREAU

Bartabas : "J'ai choisi un tableau qui s'appelle Cheval dans un paysage de Franz Marc. La reproduction est accrochée dans ma chambre, Elle représente un cheval rouge avec une crinière bleue de dos. Il regarde un paysage indéfini composé de vert et de jaune. C’est peut être une mer, une prairie, ou un étang. On ne sait pas.

Je m'endors tous les soirs avec ce tableau accroché au-dessus de mon lit. 

Dieu sait qu'on a voyagé avec Zingaro, mais cette toile m’évoque le voyage parce que mes vrais voyages se passent dans l'autre, l'autre étant le cheval. 

Monter à cheval, c'est voyager à l'intérieur du cheval, à l'intérieur de quelqu'un qui vous parle et que vous découvrez comme on découvre un paysage.

Franz Marc, c'est un peu sa spécialité. Le cheval est souvent présent, et il n’y jamais d'humains dans ses tableaux

Le paysage n'est pas là pour évoquer un paysage

Mais pour évoquer le sentiment de l'animal. 

C'est une image qui me fait voyager parce qu'elle ne mène pas dans un lieu précis. Cela peut-être n'importe où, dans le monde, n'importe où autour de moi. 

L'important, c'est le personnage qu'il regarde : le cheval. 

Rien n'est très défini dans ce cheval. Par exemple, la position des oreilles n'est pas très précise. On ne peut pas dire s’il est content, heureux. Franz Marc s'est arrangé pour le peindre de trois quart dos avec l'encolure, légèrement tournée. On ne voit pas ses yeux et on ne peut pas savoir ce qu'il pense. 

Toute la force de ce tableau vient de là : c'est un espace de liberté. On peut l'interpréter comme on veut. Et cette interprétation peut changer à l'infini.

On peut imaginer qu'il est heureux, étonné, envieux, voire réticent à s'avancer dans le paysage. Toutes les interprétations sont possibles et c’est ce que j’aime. J’aime les œuvres qui restent ouvertes : qu'il n'y ait pas une lecture, mais des lectures à l'infini. 

Comme toute œuvre d'art, c'est son spectateur qui fait le travail, qui fait l'interprétation et la fait vivre."

Voir le tableau dont parle Bartabas Ici

L'image choisie par Bartabas
L'image choisie par Bartabas © Radio France / Bartabas
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