Pour nous emmener en voyage avec elle, la chanteuse a choisi un cliché pris par la photographe américaine montrant deux petites filles jouant des pleureuses. Elle en apprécie la dédramatisation de la mort.

Jeanne Cherhal en 2020
Jeanne Cherhal en 2020 © Radio France / Vincent Josse/France Inter

Jeanne Cherhal : "Moi, j'ai choisi une photo d'Alessandra Sanguinetti, une photographe américaine. Elle a suivi deux cousines argentines qui ont entre huit et 10 ans. Ici, on les voit toutes les deux en pleureuses. 

Ces deux petites filles sont au milieu d'un champ et j'ai l'impression qu'elle simule un enterrement. Elles sont toutes les deux habillées en noir. Elles ont dû, à mon avis, piquer les robes de leurs grand-mères. 

A première vue, on se dit que c'est une photo hyper triste parce que la petite fille qui est la plus face à nous, pleure

Elle a la bouche ouverte et sanglote vraiment. On voit moins sa cousine, de profil, en face. Mais elle a un grand sourire. Elle dédramatise complètement la photo. 

Pour moi, c'est un voyage vers l'insouciance de l'enfance.

Cette image montre que ce que l’on vit enfant est fort, mais souvent très bref aussi. C'est quelque chose qu'on perd évidemment en grandissant, en vieillissant. 

Quand je vois cette photo, je sens vraiment un retour, un voyage, vers ma propre enfance. Etant petite, j'adorais me balader dans les cimetières. C'est peut-être pour cela que cette photo me touche autant. Je n'avais pas fait le rapprochement avant, mais j'aimais beaucoup regarder ce qu'il y avait comme fleurs en plastique sur les tombes, examiner les plaques. D'ailleurs, sur la photo, il y a de fausses fleurs de funérailles. 

L'idée de la mort pour un enfant, c'est très mystérieux. Et en même temps, très ludique comme ce qu'elles sont en train de vivre sur la photo. 

Je pense qu'étant petite, j'étais très attirée par ce mystère de la mort, l'idée de fantôme, et cette question : il n'y a plus rien après ? 

En général, je trouve que les cimetières, avec cette présence de la mort, et ce calme, absolu, sont vraiment des endroits revigorants."

Voir ICI la photo dont parle Jeanne Cherhal

Une photo d'Alessandra Sanguinetti
Une photo d'Alessandra Sanguinetti / Jeanne Cherhal pour France Inter
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