Confessionalisme
Confessionalisme © / CTC

On le voit au Salon du Livre de Beyrouth, le confessionalisme est très présent dans la littérature libanaise, que ce soit dans les oeuvres de fiction et les essais, est perçue comme une richesse politique.

En effet, 18 communautés cohabitent et dans la Constitution, un pacte national de consensus permet aux principales obédiences d'être représentées dans les arcanes du pouvoir.

Qu'importe qu'une communauté soit minoritaire ou pas, le système ne fonctionne pas sur une logique de quotas.

La Présidence de la République revient aux chrétiens, le premier ministre est un muslman sunnite et le Président de l'Assemblée un musulman chiite.

Mais en ces temps tourmentés, les luttes intestines menacent ce pacte national.

Dictionnaire amoureux du Liban
Dictionnaire amoureux du Liban © / CTC

Dans le Dictionnaire amoureux du Liban écrit par Alexandre Najjar chez Plon , le mot Confessionalisme occupe une place importante.

Au passage, ce dictionnaire, mieux que n'importe quel livre d'histoire, nous donne des clés de lecture du Liban . Pour le comprendre, l'aimer et le plaindre.

Au mot Confessionalisme , Alexandre Najjar rappelle la coexistence pacifique de 18 communautés religieuses, une entente qui vole en éclats avec la guerre civile.

Dans le conflit libanais, il est dénombré 35 mini guerres internes aux faubourgs.

Au lendemain de la guerre, une situation larvée se maintient jusqu'à nos jours.

Une teinte de nostalgie liée aux souvenirs d'enfance effleurent les pages de ce dictionnaire d'une saveur émanant des vergers et des orangers et d'une époque antérieure à la guerre.

Cette nostalgie se retrouve d'ailleurs dans les romans des grands auteurs libanais.Saint Georges regardait ailleurs de Jabbour Douaihy raconte l'errance d'un musulman reconverti chrétien mais qui n'est ni l'un ni l'autre. Avant la guerre civile, la nature indécise du garçon devenu jeune homme ne prêtait pas à conséquence. On le suit déambuler à pied dans les rues duBeyrouth des années 60, ce qui en soit est une respiration inhabituelle. Dans cette ville dévolue à la voiture, cette déambulation pas à pas d'un quartier à un autre raconte un autre Beyrouth . Mais à partir de 1975, la non appartenance à un clan précis le met en marge de tous. Du jour au lendemain, difficile de passer d'un faubourg chrétien à un faubourg musulman sans décliner son appartenance religieuse.

Charif Majdalani
Charif Majdalani © / CTC

Chez Charif Majdalani , la nostalgie n'a pas de place. Pour l'auteur du dernier seigneur de Marsad ,le Liban d'avant guerre est idéalisé par un imaginaire presque mythique.

Ce recours au "c'était mieux avant " opère comme un pansement.

Tous les livres deMajdalani commencent avant la guerre et finissent pendant, histoire de souligner le caractère chronologique des évènements.

Des tensions intercommunautaires existaient. Les vexations et spéculations immobilières ont entrainé des épisodes de violences, puis d'affrontements et de massacre.

De crispations, on est passé à la haine.

Le clivage sunnite/chiite qui anime aujourd'hui les tensions intercommunautaires est amplifié par une résonnace salafiste. Mais on ne sait rien du soufisme déplore Florence Ka dans son texte "Ton Jihad et le mien" aux éditions Ovadia. S'appuyant sur le texte du Coran , elle inspire une conversation à ses personnages autour du concept de Jihad .

Le Jihad de l'âme est une quête intérieure en vue de trouver la sérénité. Le Jihad de la force ne s'applique qu'aux mécanisme de défense, et se trouve souvent en corrélation avec des défis sportifs.

Toute la richesse du livre francophone deBeyrouth se trouve dans cette pluralité qui présente dans ses nuances et sa complexité leLiban d 'aujourd'hui et les pressions du conflit syrien.

@ericvalmir

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