Torpillé le discours optimiste d'Antonis Samaras le premier ministre grec qui samedi soir annonçait le retour de la croissance en Grèce dès le mois prochain. Dimanche matin, un sondage réactif lui répondait que 80% des ménages grecs ne voient et ne croient à aucune amélioration (étude de l'institut Kapa Research) publié par l'hebdomadaire To Vima

Autres statistiques,Athènes se serait vidé d'un tiers de ses habitants, l'exode rural se poursuit. Sans emploi, ni argent pour se loger, les citadins vont vers la campagne à la recherche d'un mode de vie plus simple avec un lopin de terre à cultiver. Mais la perspective de trouver un emploi est encore plus réduite dans les provinces. Les plus jeunes font le pari de l'exil.

Les grecs, dans leur histoire, ont toujours émigré facilement, notamment dans les pays européens, soit pour étudier soit pour acquérir une expérience . Et cette valeur ajoutée, ils comptaient la ramener au pays pour s'affirmer dans la société grecque. C'était un stimulant.

Aujourd'hui, les grecs s'en vont pour trouver du travail ailleurs et n'envisagent aucun retour.Dans Athènes désertée, un tiers des boutiques a fermé, 40% des bureaux sont désormais vides , abandonnés par les administrations qui les occupaient, les célébres embouteillages ne sont plus, plus d'argent pour mettre de l'essence, voitures laissées aux garages, recours aux transports en commun.

Les élus de la classe dirigeante indiquent que tous les signaux économiques sont au vert après six années de récession. Mais les grecs ne partagent pas ce diagnostic, ne constatant aucune amélioration dans leur quotidien, et ne voyant aucune perspective d'avenir se dessiner.

L'Acropole en travaux aussi
L'Acropole en travaux aussi © Radio France / Eric Valmir

Conversation avec Yannis Kiourtsakis , auteur de "Double exil " aux Editions Verdier .

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