Comme si l’infâme projet nazi ne suffisait pas !

Lebensborn. Projet de création d'une société Aryenne qui se conjuguait avec la solution finale. Exterminer d'un côté et créer de l'autre. Le soldat nazi devait se reproduire avec de jolies blondes, et pour Himmler *, les Norvégiennes qui avaient en prime un sang de viking, gage sans doute de bonne santé, représentaient les cobayes idéales.

*Heinrich Himmler (1900-1945), chef de la SS et de la police allemande et l'un des plus hauts dignitaires du troisième Reich.

Lebensborn
Lebensborn © / CTC

Dès 1937, les cliniques de la honte apparaissent en Norvège. Les femmes qui avaient accepté le programme allemand venaient vivre leur grossesse dans des établissements financés par les nazis.

Les allemands emportaient ensuite les nourrissons pour les confier à une famille d'accueil dans des centres disposés en Allemagne de l'Est. On parle d'un

recensement de 11 000 nouveaux-nés.

Les armistices sont signés, et ces enfants grandissent, deviennent adolescents.A l'age de vingt ans, une grande majorité d'entre eux formule le vœu de retourner en Norvège à la recherche de leur mère, le père ayant souvent disparu dans la nature ou ayant été tué au front.

Nous sommes à la fin des années 1950, au cœur de la guerre froide. La Stasi voit une opportunité d'infiltration d'un pays occidental. Les vrais "enfants" sont bloqués en RDA avec interdiction de sortir et à leur place, on envoie un agent de la Stasi à peu près ressemblant. Ces hommes et ces femmes qui se présentent devant les mamans norvégiennes en prétendant être leur enfant s'insèrent dans les familles et au cœur de la société norvégienne.

En 1989, le mur tombe. Les programmes de la Stasi sont tombés en désuétude, mais les agents sont toujours en place dans les familles, ils ont trouvé un emploi, ont fondé un foyer à leur tour, leur fausse mère est devenue la fausse grand mère de leurs enfants.

Les vrais enfants de Lebensborn , ceux qui n'ont pas renoncé, ont alors 50 ans. La chute du mur de Berlin va dresser petit à petit des passerelles entre Est et Ouest. Les déplacements sont facilités et les recherches des uns et des autres s'avèrent rapidement fructueuses. Les identités tronquées vont être découvertes au début des années 2000 et faire l'objet de poursuites judiciaires.

Les bourreaux sont devenus des victimes, car pris dans leur jeu de vrais sentiments familiaux à l'égard d'un mari, d'une femme, d'une mère qui n'est pas la sienne sont nés. Lâchés par un programme désuet et une époque qui n'existe plus, les voilà seuls face à l'histoire et à leurs familles qu'ils ont appris à aimer et qui ne leur pardonne rien en retour. Des vies brisées, de part et d'autre.

Cette histoire, véritable traumatisme dans la société norvégienne, Georg Maas cinéaste allemand a souhaité la porter à l'écran. Ce film vient de sortir en DVD en France. D'une vie à l'autre.

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