Les deux pays, en froid depuis plusieurs années, n’ont plus d’ambassadeurs depuis 2010 et une vive altercation avec Hugo Chavez, et Nicolas Maduro le président Vénézuélien a rappelé hier son dernier représentant diplomatique en poste à Washington.

Barak Obama a signé lundi dernier un décret imposant des sanctions à sept responsables vénézuéliens accusés de violation des droits de l’homme dans une manifestation d’opposants, l’an dernier, qui avait fait 43 morts. Le chef des services secrets, le directeur de la police nationale, l’ancien commandant de la garde nationale, trois hauts fonctionnaires et un procureur. Avoirs gelés et interdiction de fouler le sol américain.

Barak Obama conclut : Le Venezuela est responsable d’une menace inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis. Je déclare l’urgence nationale, pour faire face à cette menace. » Cette déclaration de la maison blanche relègue le Venezuela au niveau de la Syrie, de l’Iran et de la Birmanie.

Vu de l’extérieur, les propos paraissent disproportionnés.

Tout américain désireux de venir au Vénézuela aura désormais besoin d’un visa.

La semaine dernière, les autorités de Caracas ont interdit l’accès à Georges Bush.

Maduro est convaincu que les Etats-Unis cherchent à envahir son pays, que la CIA instrumentalise l’opposition.

Antonio Ledezma, le maire de Caracas, figure de l’opposition a été arrêté brutalement il y a deux semaines et incarcéré dans une prison militaire avec un autre opposant, Leopoldo Lopez, écroué l’an dernier.

Devant la psychose du coup d’Etat, l’ONG Forum Pénal avance le chiffre de trois arrestations par jour d’opposants depuis le début de l’année… Qu’importe, les manifestations se multiplient, avec des bavures régulières… Il y a 15 jours, un jeune scout de 14 ans à San Cristobal tué d’une balle dans la tête dans une manif pacifique… Il y a six mois, Genesis Carmona, 22 ans, reine de beauté du Vénézuela, un sifflet et un drapeau vénézuélien. Même sort, une balle dans la tête dans une manifestation de Valencia. Aux mouvements de colère, même pacifique, la police de Maduro répond par une répression sanglante. C’est CET état de fait que dénonce Barak Obama.

Cette bagarre de déclarations intempestives, ces guerres de communiqués, de sanctions administratives, de sanctions, de traitement journalistique ne donne aucun vainqueur. Dans cet imbroglio américano-vénézuélien, il n’y a ni gentil, niméchant. Il y a de part et d’autre, une lutte d’intérêts. Sans le pétrole, le pays aurait déjà implosé, or il est au bout du gouffre économiquement, population sous-éduquée et pauvre, et le gouvernement Maduro ne cède qu’à la logique de la tension pour se maintenir au pouvoir. Réprimer systématiquement des manifestations et agiter l’épouvantail américain.

A Washington, on ne veut pas voir le chaos s’installer dans les rues de Caracas pour une seule raison : le pétrole, alors oui, des contacts sont noués avec l’opposition, simple pari sur l’avenir. De là à financer des partis, et fomenter un coup d’Etat, on est loin des implications américaines dans le putsch de Pinochet en 1973.

Et pourquoi déstabiliser le Vénézuela quand la Maison Blanche renoue avec Cuba, le principal allié de Caracas ? Ce dossier laisse pour l’heure plus de questions que de réponses, tant les instrumentalisations et manipulations sont nombreuses.

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