Cinq morts et 12 blessés à Grozny dans un attentat le jour de l'anniversaire de Ramzan Kadyrov qui coïncide avec la fête nationale . En surface, laTchétchénie paraît prospère avec ses buildings en verre mais en réalité le pays vit dans la terreur, coincée entre une autorité dictatoriale et les mouvements islamistes du Caucase .

Grozny
Grozny ©

Sortie exsangue de deux guerres, on croyait que la Tchétchénie avait tourné la page. Immeubles bombardés rasés, buildings et infrastructures reconstruits en un temps record, et le premier président issue d'une ethnie tchétchène accepté par le parlement russe. Mais ces bouleversements institutionnels et urbanistiques dissimulent mal le climat de peur qui prévaut au sein de la société.

Ramzan Kadyrov a imposé un régime si dur que plusieurs ONG l'accusent du meurtre de la journaliste Natalia Estemirova . Kadyrov attaque en justice Memorial pour une accusation qui n'engage pas la présomption d'innocence. Des opposants, des militants de droits de l'homme et des responsables associatifs sont retrouvés assassinés. De surcroît, bien que tchétchène, c'est un proche de Poutine qui l'a décoré "héros de Russie " en 2004.

Agissant avec ses propres milices, ses combattants armés, dominant un parlement docile, soutenu par Moscou, Ramzan Kadyrov règne en maitre sur une Tchétchénie broyée, privée de liberté d'expression.

Cette main de fer encourage l'émergence de mouvements islamistes déjà présents dans le Caucase Nord. La recrudescence des attentats révèle l'arrivée de nouvelles cellules pour lutter contre l'oppresseur, des cellules se réclamant récemment du groupe Jihadiste l’État Islamique .

Entretien avec Olga Kravetz, photographe et journaliste russe (auteur du cliché ci dessus) , co-auteur avecMaria Morina etOksana Yushko d'un web doc primé à Bayeux samedi soir et que l'on peut voir ici.

Grozny : nine cities fait aussi l'objet d'un blog. Le webdoc part d'une idée simple : Vladimir Poutine inaugure les JO de Sotchi en grandes pompes. A quelques centaines de kilomètres, Grozny essaie de reconstruire son identité dans l'indifférence générale.

En journaliste clandestin, les trois auteurs ont passé quatre ans à Grozny pour raconter le quotidien d'une ville transformée, détruite mais non ressuscitée. La culture tchétchène est réduite à sa part congrue. Le tissu social n'existe plus. Et le pays vit sclérosé et oublié. Qui se soucie aujourd'hui de la Tchétchénie ?

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