La campagne électorale du Brésil géant agricole, premier producteur de café, sucre et jus d'orange, deuxième producteur de soja, maïs, viande bovine et volaille, semble oublier les conditions de vie des paysans sans terre. Les réformes agraires ont été accelérées en fin de mandat. Plus d'un million de familles à la tête d'exploitations en sept ans mais sans aucuns moyens pour les cultiver.

En 2013, 100 fermes expropriées, à peu près 200.000 hectares sur lesquelles 4500 familles vont pouvoir s’installer . Au lieu et place d’un élevage extensif, il pratiqueront une petite polyculture.

Sertao
Sertao ©

Pour comprendre la problématique agricole du jour, il faut remonter à l'époque de la colonie portugaise qui avait divisé la terre en grandes propriétés offertes aux aristocrates deLisbonne devenant de vrais seigneurs.

Ils géraient la production agricole, l'extraction de l'or et l'organisation de la traite des esclaves.

Une culture de rente et d'exportation.

54% de terres cultivables entre les mains d'1% de propriétaires .

La situation n'a évolué que récemment. En 1979, sous la dictature première occupation des paysans sans terre qui vont se structurer en mouvement dès 1984 avec le retour de la démocratie. Ce mouvement cherchait à éduquer les jeunes générations des sans terre (alphabétisation, formation politique et militante) et à impliquer l'ensemble des paysans dans des actions de terrain (campements, occupations de latifundio, d’organismes publics, de multinationales, fauchage de champs d’OGM, manifestations).

Après trente ans de lutte, les sans terre deviennent petit à petit les uns après les autres des propriétaires. Problèmes, les anciens patrons sont partis avec les outils, les sans terre qui ont alors une terre n'ont plus de maisons.

C'est dans ce contexte que démarre le documentaire deMarie-Pierre Brêtas dans le Nordeste du Brésil.

Vanilda et son mari Antonio, ainsi qu’une vingtaine d’autres familles de paysans, obtiennent enfin une propriété après avoir passé quatre ans à lutter dans un campement avec le soutien du syndicat des sans-terres.

Ils entreprennent la lente construction d’une communauté agricole sur un territoire devasté par la sécheresse. La gestion collective de la propriété et de ses ressources s’avère être une aventure plus exigeante encore que la conquête des terres .

Entretien avec Marie Pierre Bretas réalisatrice de "Hautes Terres " en salle aujourd'hui.

@ericvalmir

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